Avec les éleveurs, "il faut craindre le pire"

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Avec les éleveurs, "il faut craindre le pire"
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Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine, est satisfait de l’intervention de François Hollande. Mais il reste « très inquiet ».

Face à la crise subie par les éleveurs, François Hollande a lancé un appel à la grande distribution pour qu'elle augmente leurs rémunérations. Le président de la République s’exprimait sur le sujet depuis la Lozère, lieu d'arrivée de la 14ème étape du Tour de France, à laquelle il assistait. L’urgence est de mise : actuellement, les cours actuels de la viande de porc et de bœuf sont inférieurs aux coûts de production. Au micro d’Europe 1, Jean-Pierre Fleury, président de la Fédération nationale bovine, salue l'intervention du chef de l'Etat et espère voir les industriels jouer le jeu.

"Les banques ne vont pas faire confiance longtemps". "Le chef de l’Etat s’est beaucoup occupé de la Grèce, il est temps qu’il s’occupe de ses éleveurs", a-t-il lancé en préambule. "Ce qui me pose problème dans cette affaire, c’est qu’il y a eu un accord de passé avec le ministre de l’Agriculture, le 17 juin dernier, la grande distribution, les abatteurs-transformateurs et les éleveurs. Et que, visiblement, les abatteurs-transformateurs s’en moquent complètement ! On va voir si les industriels se moquent aussi du chef de l’Etat",, a-t-il lancé, bravache, avant de se montrer extrêmement inquiet de la situation de la filière : Nous sommes très heureux qu’il monte au créneau, mais il est temps. On a peut-être plus de 20.000 producteurs qui vont aller au dépôt de bilan cette année. Le sujet est très sérieux. Je vous avoue que les jours sont comptés. Les banques ne vont pas faire confiance longtemps ».

"Il ne faudra pas s’étonner des drames qui pourraient arriver". Interrogé sur les actions parfois spectaculaires menées par les éleveurs, notamment dans l’Ouest du pays, Jean-Pierre Fleury se dit "très inquiet. Comme personne ne tient sa parole, il ne faudra pas s’étonner des drames qui pourraient arriver. On en est les premiers désolés. Mais il faut craindre le pire."