Autoliv ou les aléas de la délocalisation

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Autoliv ou les aléas de la délocalisation
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L’entreprise veut rapatrier une partie de ses salariés tunisiens, ce que refuse le préfet.

Le préfet de la Vienne vient de refuser la demande de l’entreprise Autoliv-Isodelta de pouvoir rapatrier ses salariés tunisiens sur son site de Chiré-en-Montreuil. La préfecture a demandé au consulat français en Tunisie de ne pas délivrer de visas aux salariés de l’entreprise délocalisée.

Cette entreprise suédoise, qui produit des volants, avait délocalisé début 2009 une partie de ses activités en Tunisie à El Nadhour, licenciant une centaine d'employés sur son site de Chiré-en-Montreuil. Mais l'incendie de sa nouvelle usine tunisienne au lendemain de Noël l’a décidé à accroître sa production en France. Alors que l’entreprise tunisienne est au chômage technique, le site de la Vienne connait une surcharge de travail. Autoliv a donc souhaité faire venir dans la Vienne une trentaine de salariés tunisiens, ce que refuse le préfet.

"Les travailleurs étaient présentés comme des stagiaires", dénonce Bernard Tomasini, préfet de la Vienne :

"L'argument est simple. Il y a un an, Isodelta a licencié une centaine de personnes. Ils ont fait le choix de délocaliser en Tunisie. Très bien. Mais qu'ils l'assument et qu'ils ne fassent pas venir ici des travailleurs tunisiens", a ajouté le secrétaire général de la préfecture Jean-Philippe Setbon.

"Lorsque ces pays à bas coût ont des soucis, on ne veut pas ramener le travail, on veut ramener le personnel". Patrice Adam, délégué CFDT d’Autoliv, ne décolère pas. Les syndicats soutiennent donc la décision du préfet, rappelant que l’entreprise peut trouver des personnes qualifiées pour ce travail dans le département.

"Calcul cynique", dénonce donc Patrice Adam, le délégué CFDT d'Autoliv :

Une décision prévisible, d’autant que depuis 2006, la loi oblige les entreprises à consulter le Pôle emploi avant de recruter à l’étranger, afin de chercher des travailleurs qualifiés sur le territoire local. "On a fait une erreur", reconnaît discrètement l’équipementier automobile, qui assure que "la prochaine fois, on recrutera des intérimaires".