Auto : les immatriculations en chute libre

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Auto : les immatriculations en chute libre
Selon les informations d'Europe1, les immatriculations en France ont encore baissé de 15% en janvier par rapport à décembre.@ REUTERS
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Pour le mois de janvier, la dégringolade est de - 15%, et les prévisions sont sinistres.

Le bilan. Le marché français de l'automobile prend la route d'une nouvelle année noire. Vendredi matin, le Comité des constructeurs français d'automobile a confirmé que les immatriculations en France avaient encore baissé de 15% en janvier par rapport à décembre, un chiffre révélé par Europe 1, après une baisse de 14% déjà enregistrée sur l'ensemble de 2012. Et cela devrait se poursuivre, puisque les constructeurs annoncent une nouvelle année de repli, aux alentours de 5%. Une déconvenue qui signifierait deux années de baisse consécutives et un volume annuel de 1,8 millions voiture vendues… soit le niveau le plus bas depuis 1997.

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hyundai

© REUTERS

• Les Français n'achètent plus français. Et ce n'est pas ça le plus inquiétant pour Renault, Peugeot et Citroën. Fait inédit : si les tristes prévisions des constructeurs devaient se concrétiser, les marques tricolores représenteraient moins de 50% du marché… alors qu'elles pesaient encore 75% en 1980. Et les chiffres de janvier 2013 ont plus que tendance à leur donner raison : les ventes ont chuté de 12 % pour Renault, 16,7 % pour PSA… Seules trois marques tirent leur épingle du jeu : Dacia, la marque "low-cost" de Renault, dont les ventes ont grimpé de 7 %, Lexus, la marque haut-de-gamme de Toyota (+24 %) et le Coréen Hyundai, dont les ventes ont augmenté de 42 %.

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• Les constructeurs affinent leur stratégie. Renault commence quand même à limiter la glissade grâce à l'arrivée de la Clio IV, assure-t-on du côté de la marque au losange. Citroën, de son côté, revoit sa stratégie : la marque aux chevrons va désormais sortir des modèles à petit prix pour occuper le terrain du low cost laissé à Dacia. La montée en gamme vers le luxe sera confiée à la ligne DS, qui va prendre de plus en plus ses distances avec Citroën pour devenir une marque à part entière.

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© Christian Hartmann / Reuters

• Le plan Montebourg peut-il changer la donne ? Rappelez-vous, c'était le 25 juillet dernier. Arnaud Montebourg annonçait un plan destiné à être rien de moins que "le moyen d'une renaissance de l'automobile en France". Sa mesure phare : l'instauration d'un bonus-malus automobile, qui est entré justement en vigueur début janvier. Le bonus est ainsi passé à 7.000 euros pour les véhicules électriques, et à 4.000 euros pour les hybrides, ce qui est censé favoriser les marques françaises, en pointe en la matière.
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Le hic ? "L'augmentation du malus va, en revanche, nuire au 'made in France' ", comme l'analysait début janvier pour Europe1 Laurent Meillaud. Et de poursuivre : "il va toucher les breaks, les monospaces. En tout, un cinquième des Français va payer un malus. Cette mesure va avoir un effet plus néfaste qu'escompté." Le malus se déclenche à partir d'un taux d'émission de CO2 de 135 grammes par kilomètre et les tranches voient leur taxation s'alourdir de 50 % à 167 %. Les acheteurs des véhicules les plus polluants (plus de 200 g/km) devront s'acquitter, eux, d'un malus de 6.000 euros.