Aulnay : la "prime à la grève" devant la justice

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Aulnay : la "prime à la grève" devant la justice
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Cette indemnité de départ de 20.000 euros était jusqu'à présent réservée aux seuls salariés grévistes.

Le plan social de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois à nouveau devant la justice. Vendredi, le syndicat majoritaire du site, SIA, a demandé à ce que les salariés non-grévistes du site puissent eux aussi bénéficier d'une prime de fin de conflit, négociée entre la direction et les représentants CFDT et CGT d'Aulnay-sous-Bois. Jusque-là, elle était réservée aux seuls grévistes.

28.01 A l'usine PSA d'Aulnay 930620

© MAX PPP

De quoi s'agit-il ? En quelque sorte, il s'agit d'une prime au départ anticipé. Mi-mai, la CGT et la CFDT avaient accepté de signer un protocole mettant fin à 17 semaines de grève ininterrompue dans l'usine. En échange de la fin du blocage, les syndicats avaient obtenu que les grévistes puissent quitter immédiatement l'entreprise et reçoivent 19.700 euros de compensation, soit l'équivalent du budget formation et des salaires qui devaient leur être consacrés jusqu'à la fermeture d'Aulnay, prévue pour 2014.

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Pourquoi ça coince. Le problème, c'est que si ceux qui avaient bloqué l'usine d'Aulnay pouvaient facilement bénéficier de cette prime, elle était beaucoup plus compliquée à obtenir pour les non-grévistes. La direction de PSA leur demandait en effet de présenter, avant le 31 mai (soit deux semaines après la signature de l'accord), un projet professionnel valable -au minimum un CDD de 6 mois-, "pour éviter de lâcher 600 personnes dans la nature", justifie Yasmine Tarasewicz, avocate de PSA.
Usine PSA Aulnay-sous-Bois - MAXPPP

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Ce que demande SIA. Pour SIA, syndicat interne au groupe et majoritaire sur le site d'Aulnay, cet écart de traitement entre grévistes et non-grévistes pose problème. En effet, beaucoup de demandes émanant de ces derniers ne pouvaient pas remplir les conditions demandées par la direction. Résultat, sur plus de 900 demandes, à peine 300 non-grévistes ont pu toucher la prime et quitter l'entreprise, les autres s'étant vus opposer une fin de non-recevoir. Le syndicat majoritaire d'Aulnay demande donc  à ce que tous les salariés de l'usine puissent bénéficier, sans condition, de la possibilité de partir avec cette forme d' "indemnité". Décision attendue le 10 septembre prochain.