Assurances : la hausse des prix justifiée

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Assurances : la hausse des prix justifiée
Un rapport justifie la hausse des assureurs en 2011.@ MAXPPP
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Un rapport explique à quoi est due l'augmentation des tarifs des assureurs français pour 2011.

La hausse des tarifs des assureurs français, à la fin de l'année 2010, est justifiée. C'est en tout cas ce qu'indique un rapport rendu public samedi et réalisé par la direction du Trésor public et la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et qui avait été commandé par la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, pour "examiner la réalité du lien" entre la hausse des tarifs et celle de la "sinistralité" mise en avant par les assureurs pour justifier l'augmentation des primes de nombreux contrats d'assurance automobile et d'assurance multirisques habitation.

Le document assure que cette hausse est largement justifiée par l'évolution de leurs charges et ne traduit pas un manque de concurrence dans le secteur. Il pointe du doigt que l'augmentation marquée du coût des sinistres en 2009 et son niveau élevé en 2010 ont "déséquilibré" les secteurs de l'assurance automobile et de l'assurance habitation, qui dégagent de faibles marges.

Moins d'accidents, des tarifs plus élevés

Du côté des assureurs automobiles, la hausse se situe entre 2,5% et 4,5%. Une augmentation des tarifs au-dessus de l'inflation, qui s'est établie à 1,8% sur un an selon les derniers chiffres de l'Insee. Le rapport rappelle que le secteur n'a connu, depuis 2000, que deux années (2004 et 2006) durant lesquelles les primes encaissées ont dépassé le coût des sinistres et les frais de commercialisation et de gestion. Cela s'explique notamment, selon lui, par le fait que si la fréquence des accidents de la route diminue, leur coût moyen augmente, tant pour les dommages corporels qu'incorporels.

Le rapport pointe l'envolée des prix de réparation des véhicules, qu'il s'agisse de ceux des pièces détachées (+3,9% en 2010), de la main d'oeuvre (+3,2%) ou de la peinture (+3,8%). Il note aussi que le poste "bris de glace" a contribué à lui seul à hauteur de 1,6 point à la hausse de la charge de sinistres automobiles.

Le parc immobilier vieillit

L'assurance multirisques habitation a progressé entre 3,5% et près de 10%, donc très nettement au-dessus de l'inflation. Mais le document constate un "consensus autour des effets du vieillissement global du parc immobilier", qui se traduit entre autres par une augmentation de la fréquence des incendies graves, conséquence de la vétusté des installations électriques vétustes, de la multiplication des équipements électriques ou encore du retour au chauffage au bois.

A ce constat, le rapport note également l'existence, en 2009 et 2010, de plusieurs catastrophes naturelles, à commencer par les tempêtes Klaus - dont le coût pour les particuliers a été estimé à un milliard d'euros - et Xynthia.

Mieux vaut faire jouer la concurrence

Pour la ministre de l'Economie, à l'origine du rapport, il est essentiel, "pour le consommateur, de remettre en concurrence son assureur avec d'autres entreprises". Bercy rappelle que depuis la loi Chatel de 2005, l'assureur a l'obligation légale de signaler à l'assuré, avec chaque avis d'échéance, la date jusqu'à laquelle il est libre de résilier son contrat.