Assurance chômage : les négociateurs se remettent autour de la table mercredi

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Assurance chômage : les négociateurs se remettent autour de la table mercredi
Les négociations reprennent entre représentants du patronat et des syndicats@ DOMINIQUE FAGET / AFP
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Pour les représentants de syndicats, la question des contrats courts est le noeud du problème et la principale source de déficit du régime.

Les partenaires sociaux devraient rouvrir mercredi la négociation d'une nouvelle convention d'assurance chômage, après le feu vert patronal, mais certains syndicats entrent dans les discussions avec scepticisme face à un Medef toujours opposé à toute taxation des contrats courts.

Un premier échec en juin. Après deux mois de "diagnostic partagé", les négociateurs syndicaux et patronaux se retrouvent à 16h au siège du Medef pour relancer formellement la négociation, qui avait échoué en juin sur la question des contrats courts. Leur renchérissement était une condition sine qua non de l'ensemble des syndicats à un accord. Depuis cet échec, le gouvernement, qui avait dû prolonger la convention de 2014, n'a cessé de pousser les partenaires sociaux à se remettre autour de la table, alors que le régime affiche une dette record de 30 milliards d'euros.

Des négociations autour des contrats courts. Huit mois plus tard, le Medef a enfin accepté de rouvrir la négociation et ne compte "pas faire traîner les choses". Une volonté partagée avec les syndicats, FO espérant aboutir d'ici "début avril" et la CGT "d'ici fin mars". La question des contrats courts devrait être au coeur des tractations. Pour les syndicats, c'est le noeud du problème et la principale source de déficit du régime. Or à première vue, le discours patronal n'a pas changé sur le sujet. "Il ne faut surtout pas taxer les contrats courts", a répété Pierre Gattaz mardi.

La taxation au coeur des débats. Des déclarations qui ne rassurent pas certains syndicats. "Ça part très mal", a réagi Denis Gravouil, le négociateur de la CGT. "Si on ne peut pas discuter de taxation des contrats courts, c'est le même point de blocage qu'en juin." "Avec Pierre Gattaz, c'est toujours la douche écossaise. C'est pénible de négocier avec quelqu'un comme lui, un peu girouette", déplore Eric Courpotin (CFTC). Selon lui, la taxation, "qu'elle soit sectorielle ou autre, on n'y coupera pas".

Un renchérissement des contrats les plus précaires. Les syndicats demandent unanimement un renchérissement des contrats les plus précaires, que ce soit par des cotisations dégressives selon la durée de l'emploi, proposées selon différentes modalités par la CFDT, la CFTC et la CGT, ou par un bonus-malus pénalisant les entreprises qui abusent des contrats courts (FO, CFE-CGC). Les propositions CFDT et FO n'impliquent toutefois pas de hausse globale du coût du travail.

Depuis 2013, certains contrats courts sont déjà légèrement surtaxés, mais cela n'a pas enrayé la progression des contrats courts. Entre 2000 et aujourd'hui, les embauches en CDD de moins d'un mois sont passées de 1,6 à 4,3 millions par trimestre, selon l'Acoss. La preuve, pour le négociateur du Medef, que "taxer n'est pas la bonne réponse au problème" et qu'il faut "faire d'autres expérimentations, avoir d'autres idées".