Après Transavia Europe et Transavia France, voilà Transavia Company

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Après Transavia Europe et Transavia France, voilà Transavia Company
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AVIATION - Les négociations avec les syndicats de pilotes n’ayant pas abouti sur Transavia France, la direction pourrait lancer une autre compagnie.

Deux semaines de grève n’y ont rien fait : les négociations sur le développement de Transavia, la filiale low cost d’Air France KLM, sont toujours dans l’impasse. Or le temps joue contre la compagnie aérienne française, qui voit ses parts de marchés grignotées par les concurrents à bas coûts. La direction a donc convié les syndicats de pilotes mardi pour une réunion qui s’annonce tendue : elle pourrait annoncer qu’elle va désormais créer une nouvelle filiale, Transavia Company, et pourrait cette fois passer en force.

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Les plans A et B avortés. Le projet Transavia Europe abandonné après une semaine de grève, la direction d’Air France comptait se concentrer sur la montée en puissance de Transavia France. Las, malgré le recul de la compagnie aérienne sur le premier projet, le second est toujours au point mort : les négociations avec les syndicats ont viré au dialogue de sourd.

La direction tente depuis un mois de renégocier l’accord passé avec les pilotes lors de la création de Transavia France en 2007. Or ces derniers avaient à l'époque réussi à imposer des conditions qui, de facto, empêchent tout développement de Transavia. Sans accord des syndicats de pilotes sur ce texte, la direction est donc bloquée.

Air France

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Une nouvelle piste nommée Transavia Company. Air France n’a pas de temps à perdre et souhaite que Transavia 2.0 soit opérationnel au printemps, lorsque les compagnies low cost commencent à faire le plein de vacanciers. La compagnie aérienne a donc d'ores et déjà enregistré au tribunal de commerce de Bobigny une nouvelle société baptisée "Transavia Company", au cas où. Et pourrait aborder le sujet lors de la réunion organisée mardi avec les syndicats, qui s’inquiètent qu’aucun ordre du jour ne leur ait été communiqué.

Une filiale qui permettrait de repartir sur de nouvelles bases. Une nouvelle filiale suppose de nouveaux accords entre partenaires sociaux, ce qui permettrait à la direction de modifier le rapport de force : les débats repartiraient de zéro, alors que jusqu’à maintenant il s’agissait d’amender un accord existant, si bien que toute modification est alors perçue comme un recul.

Les syndicats de pilotes redoutent d’autant plus la création d’une nouvelle filiale qu’ils risquent de perdre de leur influence. En effet, les discussions ne seraient plus limitées aux seuls syndicats de pilotes mais à toutes les catégories d’employés. Dans ce cas, "les pilotes ne pèsent que 6%" des effectifs, rappelle Guillaume Schmid, porte-parole du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL).

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Un scénario que redoutent par-dessus tout les syndicats de pilotes de ligne, qui ont donc convié avant la réunion de la direction toutes les organisations syndicales représentatives. "Le SNPL veut trouver un point d'ancrage avec les autres syndicats, mais on risque d'être à nouveau en opposition avec lui", a prévenu Ronald Noirot, de la CFE-CGC.