Après l'annonce de la BCE, la bourse d'Athènes plonge

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Après l'annonce de la BCE, la bourse d'Athènes plonge
@ ARIS MESSINIS / AFP
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Anticipant les négociations, la Banque centrale européenne a décidé de mettre fin au traitement privilégié des banques grecques, semant la zizanie sur le marché boursier local.

L'indice vedette de la Bourse d'Athènes s'enfonçait rapidement dans les premiers échanges jeudi, en réaction à l'arrêt par la Banque centrale européenne de l'un de ses dispositifs de soutien aux banques grecques. Vers 08h50 GMT, il perdait 5,69% à 799,79 points, tandis que les banques subissaient une attaque en règle. L'indice spécifique du secteur bancaire grec s'effondrait en effet de plus de 22%.

Le coup de pression de la BCE. La Banque centrale européenne a décidé mercredi soir de priver les banques grecques d'une de leurs sources de financement. L'institution monétaire de Francfort a en effet annoncé mercredi soir qu'elle suspendait un régime de faveur accordé jusqu'ici aux banques grecques, qui leur permettait d'emprunter de l'argent auprès de la BCE avec des garanties inférieures à ce que cette dernière exige habituellement.

La BCE anticipe l'issue des négociations. Cette faveur était en effet accordée sous condition : qu’Athènes mette en place le programme d'aide européen, qui implique en contrepartie une réduction de la dette grecque. Or, le nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras a entamé une séquence de discussions pour renégocier le montant de sa dette et les contrepartie à l'aide européenne. En prenant une telle décision, la BCE a donc décidé d'anticiper l'issue des négociations. "La BCE est allée à la limite de son mandat en suspendant cette exception sur la simple 'présomption' (selon le communiqué de presse) qu'un accord ne pouvait être trouvé", décrypte La Tribune jeudi matin.

La Grèce a maximum 25 jours. Les banques grecques ne sont pas encore dans l'urgence, ce qui minimise la décision de la BCE pour le moment. Les établissements helléniques peuvent toujours bénéficier d'un mécanisme d'urgence, appelé ELA, qui leur permet de recevoir des fonds de la Banque de Grèce, la banque centrale nationale, en cas de crise de liquidité. Grâce à ce mécanisme et "selon la BCE elle-même, le système bancaire grec reste suffisamment capitalisé et totalement protégé", assure le ministère des Finances grec. Mais ce programme ELA se fait également sous conditions de respect du programme d'aide européen. Et il a une duré de 25 jours maximum. Au delà, la Grèce doit tout simplement quitter la zone euro, et tirer un trait sur son accès à la monnaie unique.

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Comme le résume La Tribune, "la BCE tente encore une fois clairement l'intimidation qui avait réussi par deux fois à faire céder les pouvoirs en place : en 2010 en Irlande et en 2013 à Chypre. Reste la question : Athènes baissera-t-elle la tête comme jadis Nicosie et Dublin ? Impossible à dire".