Après l’oral, l’épreuve écrite pour Moscovici

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Après l’oral, l’épreuve écrite pour Moscovici
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PEUT MIEUX FAIRE - Le futur commissaire européen a laissé sceptiques les députés européens. Et doit donc repasser une épreuve.

Obligé de passer par le rattrapage. Nommé commissaire européen aux affaires économiques, Pierre Moscovici devait encore convaincre les députés européens pour officialiser son nouveau poste. L’ancien ministre français des Finances a donc répondu jeudi aux questions des parlementaires. Sauf que sa prestation n’a pas vraiment convaincu, si bien qu’il lui a été demandé de répondre par écrit à de nouvelles questions.

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Un grand oral mitigé. Trois heures durant, Pierre Moscovici a montré jeudi qu’il était fait pour son poste. "Je le redis, je le redirai encore, je suis là pour faire respecter les règles, assurer la crédibilité des règles, pas là pour les modifier de façon créative, pour défendre je ne sais quelle dérogation, quelle exception, quelle suspension", a-t-il affirmé, s'exprimant tour à tour en français et en anglais. Sauf que sur son CV figure une expérience de ministre des Finances d’un pays qui n’a jamais respecté ses engagements en matière de réduction des déficits. Et les députés européens n’ont pas manqué de le lui rappeler.

Toujours le même reproche : son bilan à Bercy.  L'ancien locataire de Bercy a bien rappelé qu'il avait "réduit les déficits en France", passés de plus de 5% quand il a pris ses fonctions à 4,1% fin 2013. Sauf que la France était alors censée passer sous les 3% et qu’elle a négocié un délai supplémentaire de deux ans. Un objectif auquel la France a une nouvelle fois renoncé à la mi-septembre par la voix de Michel Sapin, ce qui n’aide pas Pierre Moscovici.

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"Comment être certains que vous serez le braconnier devenu garde-chasse ?", lui a donc lancé la députée libérale néerlandaise Sophie In't Veld. Accusé de laxisme par les tenants de l’austérité budgétaire, notamment les Allemands, Pierre Moscovici tente de rassurer. Et se voit accusé d’en faire trop par l’autre bord. "Il tient tellement à séduire la droite qu'il force son orthodoxie économique", a taclé le député Vert belge Philippe Lamberts.

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Résultat, une nouvelle épreuve à passer. N’ayant pas convaincu son auditoire malgré sa promesse de n’être ni "l'avocat, ni le procureur de la France", Pierre Moscovici devra donc passer par une nouvelle épreuve écrite. Les parlementaires lui ont envoyé une nouvelle série de questions auxquelles il devra répondre d'ici le début de la semaine prochaine.

Nous voulons des "éclaircissements" sur "sa crédibilité pour la mise en oeuvre du pacte de stabilité, et sur la répartition des compétences" avec les vice-présidents en charge des questions économiques, a résumé expliqué la députée française Sylvie Goulard.

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