Apple entre profits records et "iPhone dépendance"

  • A
  • A
Apple entre profits records et "iPhone dépendance"
@ Stephen Lam / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Partagez sur :

La marque à la pomme a publié des résultats incroyables mardi. Mais… 

Il y a les consommateurs addicts à l'iPhone… Et il y a aussi les comptes d'Apple. La marque à la pomme a publié mardi des bénéfices de 53,4 milliards de dollars (environ 48 milliards d'euros) sur un an… soit les plus importants bénéfices jamais réalisés par une entreprise sur une année. Mais les marchés commencent à s'inquiéter de la trop grande dépendance de l'entreprise vis-à-vis de son smartphone "star".

Trois fois plus dépendant à l'iPhone qu'en 2008. Sur l'exercice décalé de 2015 clos fin septembre, le bénéfice net s'est envolé de 35%, et le chiffre d'affaires de 28% à 233,7 milliards de dollars, soit la "plus forte croissance absolue jamais enregistrée" par l'entreprise, s'est félicité son patron Tim Cook. Rien qu'au dernier trimestre, le bénéfice net a grimpé de 31% à 11,1 milliards de dollars et le chiffre d'affaires de 22% à 51,5 milliards.

Mais les investisseurs craignent de voir se gripper une croissance reposant presque uniquement sur l'iPhone. La marque a généré au dernier trimestre 62,5% du chiffre d'affaires, avec 48 millions d'unités écoulées. Une statistique qui souligne la dépendance croissante d'Apple. En 2008, l'iPhone ne représentait que 18% du chiffre d'affaires du groupe, puis 42% en 2011 et 56% en 2014, selon les calculs des Echos.

L'iPad recule encore. L'impact du téléphone sur les résultats est d'autant plus grand que, si les ventes des ordinateurs Mac résistent plutôt bien (5,7 millions d'unités sur le dernier trimestre), celles de la tablette iPad, un autre produit star du groupe, ont encore reculé pour tomber juste en-dessous des 10 millions d'unités. Certains analystes s'interrogent également sur la capacité des tout nouveaux modèles d'iPhone (6S et 6S Plus) à maintenir le rythme de croissance impulsé par leurs prédécesseurs (6 et 6 Plus), accueillis avec enthousiasme l'an dernier.

Les indications fournies par les résultats publiés mardi restent limitées, car les nouveaux appareils sont arrivés en magasins seulement le 25 septembre. Apple dit en avoir écoulé plus de 13 millions d'exemplaires sur le premier week-end, et Tim Cook a assuré mardi qu'ils suscitaient "un fort intérêt dans le monde entier". "Toute faiblesse dans les ventes d'iPhone sur le trimestre achevé fin décembre pourrait alimenter l'inquiétude que le cycle (de renouvellement) des smartphones ralentit", prévient Colin Gillis, analyste chez BGC Partners.

Apple tente de se diversifier. Pour réduire sa dépendance, Apple se réorganise. Le groupe commence à proposer aux Etats-Unis des programmes de financement, avec notamment un abonnement mensuel permettant d'échanger chaque année son iPhone contre un nouveau modèle. Apple cherche aussi à se diversifier, avec une première montre connectée (Apple Watch) lancée en avril, une mise à jour du boîtier de streaming Apple TV dont les commandes viennent de s'ouvrir, davantage d'offres pour les entreprises ou de nouveaux services dans la musique (Apple Music) ou les paiements (Apple Pay).

La marque s'est enfin voulue rassurante sur la Chine, où ses revenus ont "presque doublé" en l'espace d'un an, pour atteindre 12,5 milliards de dollars sur le trimestre clos fin septembre. "Nous continuons de nous concentrer et d'investir lourdement" sur ce marché, a conclu Tim Cook.