Apple accusé de brader notre vie privée

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Apple accusé de brader notre vie privée
Que font les éditeurs d'applications pour téléphone avec vos données personnelles ? Certains utilisateurs redoutent le pire et ont saisi la justice.@ REUTERS
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Le fabricant de l’iPhone divulguerait et monétiserait les informations personnelles de ses clients.

Que deviennent les informations personnelles fournis par les utilisateurs de Smartphones, et notamment d’iPhone ? Plusieurs usagers américains craignent le pire et ont mandaté un avocat, qui a annoncé mardi des poursuites en nom collectif contre Apple et des éditeurs d'applications pour utilisation non autorisée de données personnelles.

La plainte, déposée la semaine dernière devant un tribunal fédéral de San José, en Californie, porte sur la "pleine information" des internautes sur l'utilisation de leurs données personnelles. Plusieurs éditeurs sont accusés de communiquer à des tiers, y compris des régies publicitaires, des données personnelles permettant d'envoyer des publicités ciblées, sans information ni consentement des "mobinautes", selon la plainte.

Informer et laisser le choix

"Il s'agit simplement d'informer les internautes et d'obtenir leur consentement", a expliqué l’avocat Majed Nachawati, avant d’ajouter : "Non seulement les données sont utilisées, la confidentialité est violée, mais des sociétés en tirent profit. Si elles tirent profit de ces données, elles doivent informer les propriétaires de ces données de ce qu'elles en font".

La plainte de 28 pages cite quatre internautes texans et californiens, qui s'en prennent à neuf sociétés : Apple, Gogii, Pandora, Backflip, The Weather Channel, Dictionary.com, Outfit7, Room Candy et Sunstorm Interactive. Ces entreprises sont souvent inconnues du grand public mais fournissent plusieurs des applications pour iPhone très populaire : la météo, "Talking Tom Cat" (un chat qui parle et répète ce que l'utilisateur dit), ou encore le jeu "Pumpkin Maker", qui consiste à sculpter une citrouille d'Halloween.

Un domaine toujours sous-réglementé

Les plaignants "ont souffert de ce que leur propriété personnelle, à savoir leur ordinateur personnel, a été transformée par les défendeurs en appareil susceptible d'espionner tous leurs mouvements en ligne", a expliqué l’avocat des plaignants.

Ce procès est une nouvelle illustration du malaise qu'inspire le suivi des internautes par les éditeurs de sites internet et d'applications, et leurs annonceurs. Facebook a également été mis en cause pour des faits similaires.

Majed Nachawati a par ailleurs indiqué que la liste des sociétés visées n'était que provisoire, et que d'autres pourraient être concernées : "c'est une question de temps", a-t-il affirmé.