01/03/2018 - 09h23

Antoine, intrapreneur chez Les 2 Vaches, concilie business et sens

Parce qu'il concilie business et sens, Antoine de Vaubernier est un salarié heureux. Le trentenaire est manager opérations chez Les 2 Vaches, un titre qui peut paraître flou mais qui dénote une démarche claire et exemplaire en ces temps où l’on a l'impression qu’on ne peut pas être heureux dans une grande entreprise.

Comment mieux vivre dans un monde qui change ? Comment redonner du sens à son travail ? C’est pour vous aider à répondre à ces questions qu’Europe 1 s’engage concrètement auprès des acteurs de l’économie sociale et solidaire. Cet engagement s’incarne notamment par notre partenariat avec Ticket for Change, une start-up dont l’objectif est de changer la société par l'entrepreneuriat. Ticket for Change est un "facilitateur de projets", qui accompagne des entrepreneurs et aide les salariés à innover au sein de l’entreprise. A travers une série de témoignages d’hommes et de femmes publiés sur Europe1.fr dans le cadre de ce partenariat, vous pourrez découvrir comment être un acteur du changement et redonner du sens à ses actions. 

Ce témoignage d'Antoine de Vaubernier a été publié en avril 2016 dans le cadre du programme entrepreneur de Ticket for change*.

Un parcours réfléchi

Cette démarche, cette volonté de concilier business et sens et de trouver sa voie, cela fait longtemps qu’Antoine la travaille. En seconde, il opte pour un lycée agricole, avec à la clef un bac scientifique, ce qui lui permet d’aborder entre autres des problématiques écologiques encore peu en vogue au début des années 2000. Beaucoup de ses camarades partaient alors en école d’ingénieurs. Pas lui. Il s’offre le temps de la réflexion et fuit un chemin qui lui semblait trop tracé. Pendant 1 an, il part au Canada pour enchaîner les petits boulots, apprendre l’anglais, et surtout s’offrir le temps de la réflexion sur son avenir.

J’ai été laveur de carreaux, j’ai fait du télé-marketing, et de la vente en porte-à-porte

Une année sabbatique relativement sympathique mais surtout réussie puisqu’il s’inspire de jeunes un peu plus âgés que lui et engagés dans différentes associations pour acquérir la certitude qu’il travaillera dans une entreprise “différente”, qui “agit autrement”. Vaste programme à l’orée des années 2000.

Il rentre en France et s’inscrit à l’Ecole 3A, spécialisée dans l’étude du business dans les pays en développement. Ces études lui permettent d’élargir son spectre, de découvrir les concepts de social business (qui émerge de plus en plus sous l’égide du Muhammad Yunus), d’investissement socialement responsable. Il en profite également pour faire des stages en entreprise et y découvrir ce qu’il appelle “l’entreprise autrement”.

A une époque où l'on pouvait faire son M2 dans une autre école que son M1, il part en 2008 à l’université de la Sorbonne pour un master en finance internationale et “être dans le radar des grandes entreprises”. Une fois ses études terminées, il enchaîne deux ans de stages et CDD chez Danone, d’abord sur les fondamentaux Danone Way, plateforme de développement durable, puis sur Danone Communities, plus proche de l’innovation sociale, ou encore auprès du Fonds Danone pour l'écosystème. “Petite main mais avec des responsabilités, j’ai pris le temps de me former et de confirmer mon envie de rester chez Danone. J’y ai vu beaucoup de bonne volonté, une envie réelle de changement et pas simplement de communication”.

Acquérir une conscience sociale, c’est bien, mais dans business social, il y a aussi le mot business

J’ai demandé à acquérir des compétences business particulières, car j’ai remarqué qu’il fallait d’abord être bon dans son métier pour avoir un meilleur impact social

La direction des opérations va lui permettre de travailler durant deux ans à l’usine Bledina de Steenvoorde, avant de revenir en région parisienne, près de Melun, en base logistique. Il se spécialise dans la supply chain et les achats avant de rejoindre Les 2 Vaches en avril 2014 pour un poste qui se situe parfaitement à la frontière de ce qu’il envisage. Dans ce poste, il achète le lait bio et les fruits bio en grande quantité et s’implique dans le développement industriel de ses produits. “Il y a de quoi créer de la valeur, le terreau est vraiment fertile”.

Spécialisée dans les opérations, ce qui pour être franc ne me disait pas grand chose avant notre entretien, il a également le titre d’intrapreneur du changement, ce mot terrible que je ne connaissais pas avant de travailler chez Ticket for Change. Antoine également, vous non plus j’imagine, alors qu’il ne s’agit ici que de désigner tout salarié qui concilie business et impact social. Lorsqu’il entend parler du Programme Intrapreneur de Ticket for Change en 2015 qui accompagne des salariés de grandes entreprises ayant une idée dans leurs premiers pas, il s’y identifie facilement, postule et embarque logiquement pour un Tour de douze jours et une formation de plusieurs mois.

Pour quelqu’un qui travaille cette posture depuis son plus jeune âge ça ne m’étonne guère. Pas plus d’ailleurs que de trouver un salarié heureux dans une grande entreprise. Face aux discours pessimistes de plus en plus d’entreprises offrent des réponses optimistes et porteuses de sens, à la lisière du social et du business. Danone, bien sûr, mais beaucoup d’autres aussi. Chez Ticket for Change, nous voyons le phénomène tous les jours. Et nous l’accompagnons !

*Le parcours entrepreneur : Qu'est-ce que c'est ?

Le Parcours Entrepreneur est un programme d’accompagnement de 6 mois, pour des individus, seuls ou en équipe, qui ont une idée de projet pour résoudre nos enjeux de société. Ticket for Change accompagne ainsi chaque année 50 talents à lancer leur start-up à impact positif en leur apportant un suivi personnalisé, des outils concrets pour tester leur idée sur le terrain, un réseau de pairs et d'experts, et une visibilité pour leur projet. Au cœur de ce programme : le Ticket Tour, un voyage intense de 10 jours à travers la France pour rencontrer sur le terrain les pionniers les plus inspirants du pays, découvrir les solutions locales, et prototyper rapidement sa start-up sociale. Et tout au long du programme, un accompagnement en ligne personnalisé et quotidien est proposé (mentoring & formations et ressources en ligne). 

Article rédigé par Romain Gérard pour Ticket for change