Alstom : la compétitivité de l'entreprise au cœur de la crise

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Les commandes de locomotives se sont globalement effondrées et l'usine de Belfort n'est pas jugée efficace dans la construction de ces produits en particulier.

Ils ont appelé à la grève pour le 27 septembre. Les syndicats d'Alstom comptent se mobiliser contre le projet de fermeture de l'usine de Belfort. Ils demandent par ailleurs au PDG de l'entreprise de venir s'expliquer devant les instances représentatives du personnel. Alstom pointe du doigt le manque de commandes pour justifier sa volonté de fermer le site. Europe 1 décrypte les raisons de la crise.

Aucune commande de locomotive en 10 ans en France. L'explication est assez simple : les commandes de trains et surtout de locomotives ont chuté ces dernières années en France, ce qui s'explique notamment par l'effondrement du transport de marchandises. En conséquence, la SNCF a passé moins de commandes. Un chiffre est évocateur : aucune locomotive - ce qui est fabriqué aujourd'hui à Belfort - n'a été commandée depuis plus de 10 ans à Alstom en France.

"Devenus mauvais". L'entreprise a donc "perdu en savoir-faire", juge un concurrent. Et faute de commande, elle n'a pas fait évoluer sa gamme. Sur ce marché des locomotives, "Alstom n'est plus compétitif", ajoute un bon connaisseur du secteur. Au sein même du gouvernement, un haut responsable lâche sans détour qu'"ils sont devenus mauvais" et que "c'est pour cela qu'Alstom a perdu récemment un gros contrat de locomotives au détriment d'un concurrent allemand." Le produit français était 15% plus cher et moins adapté.

En pointe sur d'autres marchés. Alstom reste en revanche très en pointe et très compétitif sur des trains plus technologiques, sur les trains régionaux, qu'il vend notamment à l'étranger comme récemment aux Etats-Unis. Mais dans ce genre de cas, pour gagner le contrat, une grande partie de la construction doit s'effectuer sur place, ce qui n'aide en rien les usines françaises.