Air France : comment rebondir en 2015 ?

  • A
  • A
Air France : comment rebondir en 2015 ?
@ ELIZABETH RUIZ/AFP
Partagez sur :

DÉCOLLAGE - La compagnie aérienne a enregistré des pertes en 2014, en grande partie à cause de la grève des pilotes. Sa mutation se poursuit.

Air France-KLM a fait ses comptes pour l’année 2014 : la compagnie aérienne a enregistré une perte nette de 198 millions d'euros et a vu son résultat d'exploitation replonger dans le rouge (-129 millions d'euros). Ajoutez-y un chiffre d’affaires en recul de 2,4% et vous avez tous les ingrédients d’une entreprise en difficulté. Sauf qu’en fait, Air France va mieux. L’année 2014 aurait même pu être celle du rebond si la compagnie n’avait pas eu à faire face à une grève des pilotes. Air France est en effet en pleine mutation et multiplie les chantiers pour redevenir rentable.

Un grève qui coûte et noircit le bilan. Opposés au développement de la filiale à bas coûts Transavia, les pilotes ont mené une grève historiquement longue de 14 jours. Air France va quand même développer Transavia mais y a perdu près de 425 millions d’euros. Sans ce mouvement social, Air France ne serait donc pas dans le rouge et aurait pu présenter l’année 2014 comme celle de la renaissance. Il n’en sera finalement rien, ce qui incite la compagnie aérienne à poursuivre sa mutation pour résister face à une concurrence de plus en plus féroce. Objectif : redevenir rentable après six années de pertes.

>> LIRE AUSSI - Air France : une grève pour rien ?

LES CHANTIERS POUR REDEVENIR RENTABLE 

19.02.Transavia.Avion.PHILIPPE HUGUEN.AFP.1280.640

© PHILIPPE HUGUEN/AFP

Développer Transavia. C’était déjà la priorité en 2014, cela le sera encore plus en 2015. Air France a compris que son offre classique ne pouvait pas lutter contre les offres low cost pour les vols courts (Hexagone et Europe) : la compagnie met donc les moyens pour imposer Transavia dans le paysage. Une montée en puissance qui se traduit par l’ouverture de nouvelles lignes, l’achat de nouveaux avions (20 Boeing B737), le recours à des pilotes d’Air France ou encore des campagnes de publicité. Le PDG d’Air France KLM n’a d’ailleurs pas caché son ambition jeudi : avec 49 destinations proposées, "Transavia sera la première low cost à Orly en 2015", a martelé Alexandre de Juniac.

>> LIRE AUSSI - Air France : le projet Transavia sort de l'impasse

Refaire du long-courrier une source de revenus. Si les vols court et moyen courrier vont progressivement devenir la chasse gardée de Transavia, à l’exception des capitales, Air France doit donc désormais se concentrer sur le long courrier. Une activité qui fut longtemps la plus rentable, jusqu’à ce que de nouveaux acteurs investissent ce secteur pour proposer une offre haut-de-gamme. Résultat, Air France perd une partie de ses clients les plus rentables.

Air France veut donc monter en gamme et y consacrera de l’argent malgré ses pertes : cette enveloppe "est sanctuarisée malgré la baisse des investissements. Nous allons investir au total un milliard d’euros dans le renouvellement des cabines de quarante-quatre Boeing 777 de la flotte d’Air France", a précisé Alexandre de Juniac au Monde.

Avion Air France, 640x640

© AFP/STEPHANE DE SAKUTIN

Continuer son ajustement en termes d’effectifs. Air France estime être en sureffectif et va donc continuer de réduire la voilure. Le plan baptisé Transform s’est traduit par 8.000 emplois supprimés entre 2012 et fin 2014, soit près de 10% des effectifs, mais la compagnie a annoncé 800 nouvelles suppressions de postes. Soit 500 postes supprimés parmi le personnel au sol et 300 postes chez les hôtesses de l'air et stewards. Les pilotes de lignes, pourtant eux aussi en sureffectif, sont épargnés, notamment parce que la direction souhaite les faire migrer chez Transavia. Mais le PDG du groupe a prévenu : la réduction des effectifs n’est probablement pas terminée.

>> LIRE AUSSI - Rigueur : les pilotes d'Air France épargnés ?

Développer les alliances. La montée en puissance des compagnies du Golfe (Fly Emirates, Etihad, Qatar Airways, etc.) provoque une surabondance d’avions dont le nombre augmente plus vite que celui des passagers dans certaines régions. Plutôt que de mettre en concurrence deux avions sur une même ligne pas assez fréquentée, les compagnies ont donc tendance à nouer des alliances : elles mutualisent leur offre en proposant chacune des billets mais pour un seul avion mis en commun.

Cette recette, Air France KLM l’a appliquée avec Delta Airlines pour les liaisons transatlantiques et le résultat est positif : Alexandre de Juniac parle d’une "profitabilité à deux chiffres". La compagnie négocie donc actuellement avec Etihad pour trouver un accord similaire sur les liaisons entre l’Europe et le Moyen Orient, l’Asie voire l’Afrique.

>> LIRE AUSSI - Aviation : moins de crash... mais plus de victimes en 2014