Air France : ce plan B que redoutent (tous) les salariés

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Air France : ce plan B que redoutent (tous) les salariés
@ AFP
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Le refus des pilotes de travailler plus pour moins de salaires risque de pénaliser tous les salariés.

Aucun accord n'a été trouvé entre les pilotes et la direction d'Air France. Les négociations ont échoué : les pilotes refusent de travailler plus pour le même salaire. Air France veut augmenter d'une centaine d'heures le temps de vol annuel de ses personnels navigants, que ce soit chez les pilotes (objectif de 780h au lieu de 685h sur long-courrier) comme chez les hôtesses et stewards, à rémunération constante. Mais les pilotes ont opposé une fin de non recevoir. Problème : le plan B prévu par la compagnie risque de pénaliser l'ensemble des salariés.

Un plan B douloureux. La direction assure en effet qu'elle a bien un plan B pour conserver sa compétitivité, en cas d'échec des négociations. Un plan douloureux : il devrait ainsi y avoir  des licenciements secs pour la première fois dans l’histoire de la compagnie. Pilotes, hôtesses et stewards compris… Plus de 3.300 postes sont sur la sellette, et "seulement" 300 pour les pilotes. Air France pourrait en effet réduire de 10 % sa flotte long-courrier, ce qui fait dix avions de moins en circulation.

Et côté syndicat de pilotes, on estime que les efforts ont déjà été faits.  "Si je prends juste mon cas, j'ai perdu un mois de salaire en trois ans, et je ne suis pas passée à temps partiel. Là, on me demande de travailler deux mois de travail en plus. Je suis prête à beaucoup de chose mais il faut reconnaître les efforts qui sont faits", martèle sur Europe 1 Véronique Damon, secrétaire générale du Syndicat national des pilotes de ligne.

"Certains font des efforts, pas d'autres". Mais ce refus des pilotes de courber un peu plus l'échine passe mal, y compris auprès des autres salariés. "Je me permets de passer un coup de gueule. On assiste au déshonneur du syndicalisme aujourd'hui, avec des syndicats qui sont capables de mettre en jeu leur entreprise et les emplois. Je n'ai jamais vu ça et je suis assez désespéré de voir que l'on peut faire des choses pareilles", déplore ainsi sur Europe 1 Roland Noirot, Secrétaire général CFE-CGC Air France, premier syndicat au niveau du groupe.  

"Les personnels au sol ont déjà fait plus de 24% de productivité. On leur demande encore des efforts, qu'ils acceptent. Les pilotes, eux, refusent de faire une partie du chemin. Ils n'ont fait que 13% d'efforts de productivité et veulent s'arrêter là. Certains font les efforts et pas d'autres", renchérit le syndicaliste, pour qui aujourd'hui "Air France peut disparaître".

Les négociations sont-elles définitivement clauses ? Tout n'est peut-être pas encore acté. Les pilotes espèrent toujours négocier. Du côté d’Air France, on ferme la porte : officiellement, c’est terminé. Mais d’après les syndicats, ils devraient tout de même continuer de discuter en coulisse. Le temps presse : la date butoir, c’est lundi, date du prochain comité d’entreprise de la compagnie aérienne.