Affaire Renault : Besson fragilisé ?

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Affaire Renault : Besson fragilisé ?
Le ministre de l'Industrie se voit reprocher ses propos sur une éventuelle responsabilité de la Chine.@ MAXPPP/EUROPE 1
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Le ministre se voit reprocher ses propos sur une éventuelle responsabilité de la Chine.

Eric Besson fait-il marche arrière ? Le ministre de l'Industrie se voit reprocher, par certains médias, ses déclarations lors de la sortie de l’affaire d’espionnage chez Renault le 4 janvier dernier. Il avait parlé, à l’époque, d'un épisode de "guerre économique", mais sans viser la Chine, au début de l'affaire, ce qui laissait penser que les accusations étaient fondées. Pékin avait démenti officiellement tout acte d'espionnage.

Sur qui porte la responsabilité ?

Or, Renault qui a licencié en janvier trois cadres travaillant sur le projet de voiture électrique et porté plainte contre eux pour intelligence avec une puissance étrangère, a admis publiquement qu'il pourrait avoir fait erreur, même si le groupe maintient pour l'instant sa plainte. Les doutes exprimés par la direction de sur ses propres accusations d'espionnage contre ces trois de ses cadres pose donc la question d'éventuelles responsabilités, y compris au sein du gouvernement.

Eric Besson, au début de l’affaire, avait regretté avoir appris l'affaire par la presse le 5 janvier et avait alors suscité la saisine de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Mais aujourd’hui, il conteste s'être prononcé sur le fond des accusations. "Eric Besson a pour préoccupation d'une part la protection de l'industrie française, dont Renault est l'un des fleurons, face aux tentatives d'espionnage ou de déstabilisation, d'autre part le respect de la présomption d'innocence", explique-t-il dans un communiqué.

Le 8 janvier, Eric besson s’exprimait au sujet de l’affaire d’espionnage sur Europe 1. "Moi je ne suis pas qualifié pour dire que cette piste [chinoise] est privilégiée" :

Lagarde défend Besson

La ministre de l'Economie Christine Lagarde, ministre de tutelle d’Eric Besson, l’a défendu vendredi, en soulignant l'avoir mis en garde contre la tentation de pointer la Chine du doigt. "Eric n'a jamais à ma connaissance accusé la Chine de quoi que ce soit. Nous en avions parlé ensemble et j'avais attiré son attention sur le fait qu'il ne faut pas tirer sans viseur ou accuser sans preuve", a-t-elle dit. La ministre de l'Economie a déclaré que l'erreur, si elle se confirmait, aurait des conséquences et a évoqué le dédommagement des cadres. "J'en tirerai toutes les conséquences au niveau des responsabilités, y compris en ce qui me concerne", a-t-elle dit sur RMC. "Si les soupçons étaient infondés, ce qui compte c'est que justice soit rendue, confiance soit restaurée et réparation soit payée."

Patrick Pélata, directeur général délégué et n°2 du groupe, a rencontré lundi dernier un conseiller du Premier ministre et Eric Besson pour leur faire part de ces doutes. Si l'erreur est confirmée, les trois cadres seront réintégrés, a-t-il expliqué dans Le Figaro. "Nous en tirerons toutes les conséquences jusqu'au niveau le plus haut de l'entreprise, c'est-à-dire jusqu'à moi." Les cadres visés, Bertrand Rochette, Matthieu Tenenbaum et Michel Balthazard, se disent innocents et ont porté plainte pour dénonciation calomnieuse ou diffamation.