Abus de stagiaires à la Société générale

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Abus de stagiaires à la Société générale
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LE CHIFFRE. Le bilan social de la banque montre que 21% des effectifs étaient stagiaires en 2011.

Voilà un chiffre qui ne va pas arranger l'image de la Société générale, déjà écornée par l'actualité. En 2011, la banque française comptait 11.241 stagiaires sur un total de 42.101 salariés... soit 21% des effectifs, a repéré mercredi Bastamag dans le bilan social de l'établissement bancaire (voir page 4 ci-dessous) dévoilé mardi. Un chiffre nettement supérieur à la BNP, sa concurrente, qui "emploie" 2.766 stagiaires pour un effectif total de 47.100 personnes.

Dans le détail, la Société générale a fait appel en 2011 à 4.553 stagiaires issus d'écoles ou d'universités et 6.688 stagiaires de vacances. Le document, consultable en cliquant ici, indique également que la banque a collaboré avec 700 travailleurs intérimaires par mois, en moyenne.

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siège société générale REUTERS

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Réduction drastique d'effectif. Ce chiffre a une résonance particulière à l'heure où la Socgen annonce un plan d'économies de 900 millions d'euros d'ici 2015. Aux 880 postes supprimés en 2012 dans sa banque d'investissement vont s'ajouter la suppression d'environ 1.000 postes dans les deux ans à venir, ainsi que "quelques dizaines" de fermetures d'agences sur la période 2013-2014, selon Jean-François Sammarcelli, le directeur général délégué de la banque.

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Boursier.com - La déclaration du 'AAA' est déjà dans le marché, pour Oudéa

Augmentation du bonus du patron. Dans la foulée de sa prise de poste, en mai 2009, en remplacement de Daniel Bouton, emporté par l'affaire Kerviel, Frédéric Oudéa annonçait refuser son bonus pour l'année 2009. Trois ans plus tard, les choses ont changé. La banque annonce que son PDG touchera 1,2 million de bonus pour l'exercice 2012, soit 75% d'augmentation par rapport aux 682.000 euros de l'année précédente. "Cela ne donne pas l'exemple. Quand on préconise l'austérité pour tous, on commence à se l'appliquer à soi-même", a ainsi réagi le délégué CGT Michel Marchet, mardi sur FranceInfo.

"Priorité" des syndicats. Joint par Europe1.fr, Isabelle Blanquet-Leroy, déléguée nationale syndicale FO, a réagi à ces chiffres. "Il y a eu une évolution de la politique interne. On prend désormais plus de stagiaires en études, payés peu cher, au lieu de contrats en alternance qui débouchaient avant sur une embauche", regrette-t-elle, avouant la difficulté du combat. "Nous sommes dans un contexte particulier, avec un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui se dessine, et qui pourrait être suivi d'autres", ajoute la déléguée syndicale.

Et cela s'accompagne également d'un ras-le-bol général amplifié par l'annonce de l'augmentation du bonus de Frédéric Oudéa. "Tout le monde est remonté", précise Isabelle Blanquet-Leroy. Nous n'avons rien eu pour la seconde année consécutive en négociation salariale et l'enveloppe de participation est en baisse de 20%. Pour vous donner un exemple, avec mes 30 ans de boîte, j'ai touché 1.000 euros d'intéressement et 100 euros de participation. Et je suis dans la moyenne", souffle-t-elle. Mais dans ce contexte général difficile, la déléguée syndicale l'assure, le sort des stagiaires reste "l'une des priorités".

60 % d' "auxiliaires de vacances". De son côté, la direction du groupe défend "des réalités très différentes". "60 % de ce chiffre correspond à des auxiliaires de vacances", explique-t-elle. Il s'agirait en fait de contrats de remplacement utilisés notamment dans les agences pendant l'été, plutôt que de stages utilisés à la place de CDI. Le reste, ajoute encore la direction, se répartit entre les stages courts de découverte, proposés aux collégiens, et les stages longs. La direction de la banque assure au passage qu'elle prévoit d'embaucher 1.500 CDI en 2013, et "principalement des jeunes".