Absentéisme dans les mairies : le fléau à deux milliards

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Absentéisme dans les mairies : le fléau à deux milliards
Dans certaines villes, les absences injustifiées sont plus nombreuses que les congés maladies.@ MAXPPP
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Dans certaines grandes villes de France, les absences, parfois injustifiées, concernent près de 20% du temps de travail.

L’INFO. A quelques semaines des élections municipales, c’est le personnel des mairies qui est pointé du doigt. Une étude du think tank libéral IFRAP révèle que la plupart des grandes villes souffrent d’un absentéisme très important et parfois injustifié, la plupart du temps supérieur à 10% du temps de travail annuel. Un fléau qui, selon l’étude, coûte près de deux milliards d’euros par an.

Montpellier, Grenoble et Strasbourg en tête. Le classement des villes de plus de 100.000 habitants les plus touchées est dominé par les capitales de l’Hérault, de l’Isère et de l’Alsace. Le record est atteint à Montpellier où les absences font disparaître 17,48% du personnel sur l’année, l’équivalent de presque 40 jours de travail par employé.

Grenoble et Strasbourg complètent un podium composé de villes pour lesquelles l’absentéisme n’est pas une problématique nouvelle. La commune alsacienne avait par exemple déjà été pointée du doigt par la Cour des comptes en 2013. Dans un rapport, cette dernière soulignait que le fléau avait coûté environ 40 millions d’euros à la collectivité en 2010.

Besançon bon élève. A l’autre bout du palmarès réalisé par l’IFRAP, Besançon, Nîmes et Reims se révèlent être moins touchées par cette problématique. Pas épargnées, les trois communes voient tout de même l’absentéisme leur dévorer respectivement 14, 17 et presque 20 jours par an et par employé.

Certaines communes brillent également par leur absence dans le classement. Si la ville de Paris a volontairement été écartée, Lille, Amiens et Nice n’ont simplement pas communiqué leurs données. Marseille a de son côté livré un bilan annuel global, sans aucun détail.

Deux milliards par an. Ces multiples absences ont un coût. L’IFRAP a sorti sa calculatrice et selon lui, il s’élève à deux milliards d’euros par an. Une somme vertigineuse pour des collectivités à qui on demande un effort budgétaire particulier en temps de crise. Deux milliards d’euros, c’est par exemple l’équivalent de ce que coûterait une baisse généralisée de 10% de la taxe d’habitation dans le pays.

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Un taux largement supérieur au privé. Ces absences sont d’ailleurs de manière générale très supérieures à ce que l’on trouve dans le privé. Dans les grandes entreprises, l’absentéisme est inférieur à 5%, il est de 2,5% chez Air Liquide, de 2,15% chez BNP Paribas ou encore de 3,35% chez  Renault.

Principale cause pointée par le think tank libéral : la suppression du jour de carence dans le public. Mis en place en 2012 par Nicolas Sarkozy, il avait permis de faire baisser de 43% les arrêts maladies d’une journée. On peut facilement imaginer qu’il avait également aidé à faire baisser les absences injustifiées.

Renforcer les contrôles. En 2013, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault avait supprimé ce jour de carence. Aujourd’hui, il prévoit, au travers de la prochaine loi de finance, de renforcer le contrôle des absences. Strasbourg a déjà pris des initiatives dans ce sens en mettant en place des visites surprises. Elles ont permis de démasquer un tiers de tricheurs.

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