A quoi ressemblera l'avion du futur ?
Airbus vient de signer un contrat record de 180 A320 avec une compagnie indienne.

EXCLU E1 - Un rapport présenté jeudi esquisse les 30 prochaines années dans l'aéronautique.

Comment volera-t-on en 2040 ? C'est à cette question que le rapport du sénateur (PS) Roland Courteau sur le "visage de l'aviation civile en 2040", qui doit être présenté aujourd'hui, tente de répondre. Ce rapport, qu'Europe 1 a pu se procurer en exclusivité, présente des évolutions parfois inattendues qui pourraient voir le jour dans les trente prochaines années.

Mettre l'accent sur la recherche. Premier constat de ce rapport, la France a beaucoup de chemin à parcourir. Si notre pays est l'un des leaders mondiaux de l'aéronautique, avec des entreprises comme Thalès, Airbus ou encore Snecma (qui fabrique des moteurs), il va falloir investir énormément pour ne pas se faire dépasser par la concurrence et rester à la pointe de la technologie.

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"Les Etats-Unis, l'Allemagne, la Chine mettent les bouchées doubles", constate Roland Courteau, l'auteur du rapport, au micro d'Europe 1. "Alors que chez nous, depuis 2010, les financements de l'institut de recherche aéronautique français sont passés de 140 millions à 60 millions d'euros. Ce n'est pas possible", regrette-t-il.

La priorité donnée à la baisse du poids. Mais au fait, à quoi ressemblera-t-il, l'avion du futur ? Selon Roland Courteau, il devra avant tout être plus léger, afin de faire faire des économies aux compagnies aériennes. "Quand on réduit la masse d'un avion d'une tonne, on génère une économie de 6.000 tonnes de carburant sur toute sa durée de vie. Alléger les appareils, c'est donc économiser le carburant", explique-t-il.

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Revoir le fuselage. Le premier point pour faire des économies de kérosène, c'est d'améliorer l'aérodynamisme des appareils. Les constructeurs d'avions organisent régulièrement des concours auprès d'écoles d'ingénieurs pour trouver de nouvelles idées. L'une des pistes privilégiées par le rapport, consisterait à intégrer le moteur dans le fuselage, à l'arrière de l'appareil, au lieu de le placer sous les ailes.

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© MAXPPP

Des moteurs en céramique. Le moteur est également considéré comme une importante source potentielle d'économies. Non seulement en améliorant ses performances, mais aussi en réduisant son poids. Roland Courtaud évoque ainsi la possibilité de remplacer les alliages métalliques utilisés à l'heure actuelle par de la céramique, beaucoup moins lourde mais tout aussi résistante à la chaleur.

Et si on changeait de carburant ? Le rapport préconise enfin de développer massivement la recherche dans les carburants alternatifs. Puisque le pétrole ne devrait pas voir son prix baisser à moyen terme, autant trouver une autre solution pour faire voler les avions. L'une des solutions consisterait à fabriquer un kérosène à base de micro-algues. Un bio-carburant qui n'en est encore qu'à ses balbutiements : un litre coûte à l'heure actuelle plus de cinq euros. Inacceptable pour les compagnies aériennes, quand on sait qu'un vol Paris-New York peut consommer plus de 70 tonnes de kérosène…