A Mossoul, des familles de djihadistes parmi les civils qui fuient les combats

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Alors que la bataille touche à sa fin dans le fief irakien de Daech, presque entièrement repris, les familles des combattants sont envoyées par les djihadistes aux forces irakiennes pour être sauvées.

REPORTAGE

La bataille de Mossoul est dans sa phase finale. Les forces irakiennes ont pénétré dans les ruelles étroites de la vieille ville, dernier bastion du groupe Etat islamique. Elles s'apprêtent à lancer l'assaut sur la mosquée Al-Nouri, partiellement détruite par les djihadistes. Et parmi les milliers de civils qui fuient les combats se cachent parfois les familles des combattants djihadistes. 

Un faux discours. C'est le cas de cinq femmes qui, à la tombée du jour, émergent de la fureur de la vieille ville. Elles viennent de traverser la ligne de front. Lorsqu'elles racontent leur histoire, les soldats relèvent des incohérences et réalisent aussi que leur accent n'est pas celui de Mossoul. "On est de la province de Salah-ad-Din, beaucoup plus au sud. Quand les combats ont eu lieu là-bas, les membres de Daech nous ont emmenées avec eux à Mossoul", raconte l'une d'elles. "On a essayé de s’échapper mais on n'a pas pu. On a pas arrêté de migrer de quartier en quartier". Pour expliquer qu'il n'y a aucun homme avec elles, ces femmes répondent "qu'ils sont tous morts."

"Peut-être que ces femmes ont beaucoup d'informations". Des officiers demandent alors aux renseignements de vérifier. La réponse tombe. Le frère de trois des femmes était bien combattant au sein du groupe Etat islamique. Une situation qui se produit souvent, selon le lieutenant-colonel Salam.  "Il y a des combattants qui veulent se battre jusqu'à la mort mais qui veulent aussi protéger leur famille. Donc ils les envoient vers les forces irakiennes", explique ce militaire. "Peut-être que ces femmes ont beaucoup d'informations. Il ne faut pas penser que parce que ce sont des femmes elle n'en ont pas. Peut-être que l'une d'entre elles a été mariée à l'un des chefs de l'Etat islamique dans la vieille ville", insiste-t-il. 

L'une d'entre elles se met à pleurer, tout en reconnaissant l'appartenance de son frère au groupe djihadiste. Un taxi les emmène alors vers la partie est de la ville, où elles seront interrogées pendant plusieurs heures.