2013 : les sombres prévisions de l'Insee

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2013 : les sombres prévisions de l'Insee
L'économie française stagnera au premier semestre 2013 après une légère contraction à la fin de cette année, selon les prévisions de l'Insee qui anticipent une nouvelle hausse du chômage et fragilisent l'objectif du gouvernement d'une croissance de 0,8% l'année prochaine.@ MAXPPP
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Chômage en hausse, croissance en panne : les prévisions ne poussent guère à l'optimisme.

Le diagnostic global. Pour l'économie française en 2013, "notre prévision peut être résumée en trois mots : toujours pas d'élan", a prévenu jeudi le chef du département de la conjoncture de l'Insee, Cédric Audenis en présentant la note de conjoncture de décembre dont les perspectives vont jusqu'à fin juin.

Symptôme n°1 : la ligne rouge de la récession toujours proche... On pourrait prendre le verre à moitié plein : la France ne devrait pas entrer en récession l'an prochain, ni cette année. Mais elle ne voit pas la ligne rouge s'éloigner non plus, la croissance restant proche du néant. L'Insee prévoit en effet un petit 0,1% de croissance du produit intérieur brut (PIB) sur les deux premiers trimestres 2013 et a revu à 0,1% au lieu de 0,2% sa prévision pour 2012. Le gouvernement comptait, lui, sur une croissance de 0,3% pour cette année et de 0,8% pour 2013. Des prévisions qui semblent de moins en moins tenables. Tout comme les objectifs de réduction de déficit qui vont avec.

Mais si le scénario de l'Insee se concrétise, il faudra sur le second semestre 2013 une croissance de quasiment 1% par trimestre pour atteindre la progression de 0,8%. Pour échapper à un tel défi, il serait nécessaire que des bonnes surprises, que n'exclut d'ailleurs pas l'institut, interviennent dès le premier semestre. "A savoir une reprise venant de l'extérieur encore plus soutenue" ou "une baisse du prix du pétrole liée à la détente du marché", au lieu d'une simple stabilité prévue des cours de l'or noir.

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Symptôme n°2 : l'ombre du chômage. Le taux de chômage devrait atteindre 10,5% de la population active au deuxième trimestre 2013 en France métropolitaine (10,9% départements d'outre-mer compris), prévoit l'Insee dans sa note de conjoncture publiée jeudi. En hausse depuis cinq trimestres, le taux de chômage, à 9,9% au troisième trimestre (10,3% DOM compris), continuerait de croître à l'horizon de la prévision" (mi-2013), note l'Insee qui calcule ce taux selon les normes du Bureau International du Travail.

"A croissance en berne correspondraient malheureusement des destructions d'emplois", indique le statisticien, qui les estime à 75.000 pour le premier semestre 2013. Dont la moitié dans l'industrie, précise son collègue Jean-François Ouvrard, chef de la division Synthèse conjoncturelle.

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Symptôme n°3 : pas plus d'éclaircies pour le pouvoir d'achat. Selon l'Insee, le pouvoir d'achat individuel, appelé "par unité de consommation" des Français, qui tient notamment compte des évolutions démographiques et de la composition des foyers, devrait reculer de 0,8% en 2012 après une légère baisse de 0,1% l'année précédente. "Deux facteurs" interviennent: "la dégradation du marché du travail" et "des salaires peu dynamiques", d'une part, et "les prélèvements obligatoires qui sont en augmentation en 2012 et qui le seront à nouveau en 2013", d'autre part, explique Cédric Audenis. L'inflation serait stable à 1,4% en juin 2013 sur un an.

Les conséquences seront doubles. Premièrement, les ménages, pour maintenir leur consommation, compensent cette baisse du pouvoir d'achat en réduisant leur taux d'épargne, lequel devrait s'établir à 16,1% mi-2013 (16,5% mi-2012). Deuxièmement, la consommation des ménages baisserait légèrement au quatrième trimestre 2012 puis serait stable au premier semestre 2013. Sur 2012, elle "serait à l'arrêt", prédit l'Insee.