Ranger ses pensées, apprendre à s'aimer : quatre conseils pour mieux vivre sa surefficience mentale

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Ranger ses pensées, apprendre à s'aimer : quatre conseils pour mieux vivre sa surefficience mentale
Les surefficients mentaux ont souvent du mal à communiquer avec les autres car ils n'ont pas la même manière de penser@ StockSnap / Pixabay.com / Europe1.fr
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Organiser sa pensée de manière plus rationnelle, mieux comprendre et accepter son propre fonctionnement, mieux gérer son rapport aux autres… Autant de thématiques abordées par Christel Petitcollin dans son ouvrage "Je pense trop".

Vous pensez venir d'une autre planète ? Vous vous sentez sans cesse en décalage et vous vous agacez que vos interlocuteurs ne pensent pas aussi vite que vous ? Vous êtes peut-être un surefficient mental qui s'ignore. La surefficience est une forme de surdouance qui a de nombreuses répercussions sur le quotidien de ceux qui ont un tel fonctionnement.

Leur hémisphère droit plus développé implique une hyperémotivité et des sens plus aigus que la moyenne. Ils ont également un sens de la justice particulièrement haut et ont une bienveillance universelle à l'égard du monde qui les entoure. Autant de particularités parfois difficiles à gérer.

Alors pour qu'ils s'approprient cette manière de penser différemment, la conseillère et formatrice en communication et développement personnel Christel Petitcollin propose plusieurs méthodes dans son ouvrage Je pense trop : comment canaliser ce mental envahissant, paru chez Guy Trédaniel en 2010.

>> Pour aller plus loin sur ce sujet, découvrez la critique de l'ouvrage de Christel Petitcollin sur Europe 1

1 - Mieux ranger et organiser ses pensées

Utiliser le "mind mapping". Le premier conseil consiste à apprendre à "ranger ses pensées" car elles sont souvent très denses mais complètement désorganisées. Pour cela, Christel Petitcollin conseille d'avoir recours à une technique de PNL (Programmation Neuro-Linguistique) appelée "mind mapping" ou schéma heuristique.

Pour établir cette carte mentale, munissez-vous d'une grande feuille de papier, écrivez un mot-clé au centre puis toute une arborescence de termes qui s'y rapportent autour. Pour que cette carte soit particulièrement efficace, n'hésitez pas à la rendre visuellement attrayante avec des couleurs et des dessins. Ce système vous permettra de faire des liens entre les différentes idées et ensuite de mieux les mémoriser.

Établir une hiérarchie de valeurs. Pour organiser ses pensées, le surefficient mental doit également apprendre à établir une hiérarchie. On parle alors de niveaux de logique qui se déclinent en cinq parties :

- l'environnement (qui répond aux questions "où ?", "quand ?", "qui d'autre ?")

- les comportements ("que fais-tu ?")

- les capacités ("comment fais-tu ?")

- les valeurs et les croyances ("pourquoi ?", "dans quel but ?")

- l'identité ("qui es-tu ?")

Il existe un sixième niveau de logique parfois controversé mais particulièrement important pour les surefficients mentaux qui ne se conçoivent que comme la partie d'un tout : la spiritualité. Ce niveau désigne la conscience d'appartenir à un système plus vaste.

L'auteure résume ces concepts avec un exemple :

- "J'ai beaucoup de plantes chez moi (environnement).

- Je les arrose souvent (comportement).

- J'ai la main verte (capacité).

- J'aime les plantes (valeur),

- elles apportent de la vie dans un intérieur (spiritualité).

- J'aurais bien aimé être jardinier (identité)."

Une fois ces différents niveaux appréhendés, vous pourrez faire des liens logiques entre eux pour mieux comprendre votre interlocuteur.

2 - Restaurer son intégrité

Renoncer à la perfection. Après avoir dû se fabriquer une sorte de carapace pour museler leur fonctionnement, il est temps pour les surefficients de restaurer leur intégrité et cela passe par le renforcement de l'estime de soi. Premier conseil de Christel Petitcollin : renoncer à la perfection. Fixez-vous des objectifs atteignables afin d'avoir la satisfaction de les avoir remplis et brisez ainsi la spirale de l'autodéfaite face à une barre placée trop haut. Et pour y parvenir, bannissez le mot "mais" et les nuances sur la réussite de votre dessin (et cela fonctionne également avec un dîner, un rapport, une présentation). "Vous êtes parfait dans votre imperfection".

Cesser de chercher à justifier qui l'on est. Et pour avoir une meilleure estime de vous-même, dites-vous que vous n'avez pas à prouver à qui que ce soit qui vous êtes. Et si vous êtes convaincu de votre propre valeur, votre entourage le sera aussi, assure l'auteure. Par ce procédé, vous nourrirez un amour de vous-même qui vous permettra de "résister à toutes les tempêtes de la vie" auxquelles votre hypersensibilité vous expose tout particulièrement. "Les gens qui s'aiment se respectent et se font respecter."

Arrêter de se dénigrer. Christel Petitcollin conseille également de "licencier le saboteur intérieur", cette petite voix qui vous juge sans cesse et vous dénigre sans même que vous ne vous en rendiez compte. Pour y parvenir, donnez-lui un nom et au cours d'une séance de relaxation, par exemple, visualisez-vous en train de le licencier et d'en embaucher un bien plus sympathique et encourageant.

Être bienveillant avec soi-même. Dernier conseil pour avoir une meilleure estime de soi : se chouchouter. "Comportez-vous avec vous-même en vous offrant les égards et les délicates attentions que vous attendriez d'un amant ou d'une amante brûlant d'amour." Car après tout, vous devrez vivre avec vous-même pour le reste de vos jours alors autant être votre meilleur ami.

3 - Optimiser le fonctionnement de son cerveau

Opter pour un léger surmenage. Le cerveau des surefficients mentaux ont des besoins spécifiques que vous allez devoir combler pour vous sentir en accord avec vous-même. Par exemple, "vivez à votre propre rythme" (nécessairement plus soutenu que la moyenne) et tant pis pour ceux qui vous qualifient d'hyperactifs. Vous pouvez vous fixer des défis et travailler sur plusieurs projets en même temps pour intensifier votre quotidien. Et si vous avez encore de l'énergie à revendre, faites du sport.

Cultiver sa créativité. Les surefficients ont un cerveau qui a besoin d'être sans cesse sollicité. Continuez d'apprendre, cela vous évitera de ruminer et de vous ennuyer. Nombreux sont les surefficients qui ont également une fibre créative, qu'elle soit intellectuelle, manuelle ou artistique. Exploitez-la, conseille l'auteur, à travers la cuisine, le bricolage, la peinture, la musique, la danse… Quant au domaine professionnel, l'artisanat et les professions libérales (où l'on a plus d'autonomie et place pour l'initiative) sont particulièrement adaptés aux surefficients mentaux, assure l'auteure.

S'autoriser à se lancer dans des projets. Et pour parvenir à exploiter pleinement vos capacités pour mener à bien un projet, libérez-vous de votre "démotivateur intérieur". Pour cela, vous pouvez procéder en trois étapes :

- le rêve pur sans aucune censure

- le projet plus concret et réaliste (qui transpose le rêve dans un vécu quotidien)

- la critique constructive qui doit servir à peaufiner le projet et non à le démonter

Se nourrir de "beau". Quant aux sens des sureffectifs, toujours en éveil et particulièrement performants, eux aussi ont besoin d'être nourris, rappelle Christel Petitcollin. Alors offrez-leur "du beau". À vous de trouver la forme qui vous rassasiera : une balade en pleine nature, un concert, une exposition, une pièce de théâtre…

4 - Apprendre à mieux vivre sa surefficience en société

Se libérer de la peur de l'abandon. C'est sans doute dans le rapport aux autres que cette différence de fonctionnement intérieur se ressent le plus. Mais quelques ajustements sont possibles pour mieux communiquer. Par exemple, vous devrez apprivoiser le sentiment de solitude et notamment avoir moins peur de l'abandon. Une crainte qui pousse à exiger une exclusivité absolue qui peut être étouffante pour les proches. Mais si vous reconquérez suffisamment d'estime de vous-même, "vous allez gagner en consistance et en autonomie", rassure Christel Petitcollin et vous libérer de cette peur.

Prendre les critiques moins à cœur. Et pour se sentir moins atteint par les critiques des autres, l'auteure conseille de prendre du recul et de considérer que chacune d'elle révèle en réalité un trait de personnalité sur la personne qui l'émet. Et si la critique vous est adressée, prenez-la comme un simple "feed-back" qui peut vous aider à avancer.

Créer un tissu social. Parmi les craintes liées à la relation aux autres, les surefficients ont une grande peur du rejet. Pour cela, l'auteure propose de diversifier son tissu social. Sachez vous constituer un réseau d'amis intimes, de copains et de connaissances sans chercher à mettre de l'affectif et de l'intimité dans tous les liens. Apprenez à accepter des relations superficielles, mais aussi; à l'inverse, à demander de l'aide.

Deux cerveaux différents peuvent s'entendre. Quant à la relation de couple, elle peut être épanouissante si elle s'établit entre un surefficient et un normopensant (une personne qui fonctionne selon la norme) qui accepte l'hyperémotivité de l'autre ou bien entre deux surefficients mentaux. Mais à part lorsqu'un pervers narcissique vampirise un surefficient mental, deux cerveaux aux fonctionnements différents peuvent très bien s'épanouir ensemble.

Les trois informations à retenir :

  • La surefficience peut être domptée grâce à quelques astuces pour organiser sa pensée notamment avec le "mind mapping"

  • Un surefficient a sans cesse besoin d'être alimenté par de nouvelles connaissances, un rythme soutenu et une forme de créativité.

  • La surefficience peut devenir une force une fois que l'on s'est libéré de certaines barrières comme le manque de confiance en soi ou la peur du rejet