Pourquoi aime-t-on tant râler ?

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Nous aimons râler car cela nous donne le sentiment d'exister, explique Christine Lewicki. L'auteure de "J'arrête de râler au boulot" nous invite à "être acteurs de solutions plutôt que victimes des situations".

LA VIE DEVANT SOI

Les Français ont la réputation d'être râleurs. "En France, d'un point de vue culturel, on a l'habitude de s'affirmer, de montrer qu'on a une opinion, de montrer qu'on s'intéresse, de montrer qu'on s'investit et on a tendance à exprimer notre point de vue, en étant contre", explique la coache en entreprise Christine Lewicki, auteure du livre J'arrête de râler au boulot (Eyrolles), dans l'émission La vie devant soi sur Europe 1.

Râler, une façon d'exister. Selon elle, on râle donc "pour exister". C'est en tout cas le constat qu'elle en a fait en présentant la thématique de son livre : "Il y en a qui me disent : 'Ça veut dire qu'on va devenir des serpillières.'" Cela voudrait donc dire que râler montre que l’on "est investi" quand arrêter de râler signifierait "que l’on est un bisounours et qu’on est une serpillière qui se fait marcher sur les pieds".

Râler, ça rapproche. Et si le fait de râler a autant de succès, c'est parce qu'il "a la chance formidable de nous réunir" : c'est "une conversation de niveau très bas qui n'engage personne. (...) Être contre quelque chose, ça ne demande pas de réflexion, ça ne demande pas de se positionner. Se positionner contre, c'est bien plus facile que de se positionner pour, intellectuellement."

Créer plutôt que juger. Arrêter de râler passe donc par "être force de solution". C'est l'idée que Christine Lewicki a cherché à dégager dans son ouvrage, qui encourage à "être acteur de solutions plutôt que victime des situations" : "Quand on est victime, on est train de juger, mais on n'est pas en train de créer."

Gaétan Supertino, journaliste "développement personnel" à Europe 1 et râleur notoire, a lu le livre J'arrête de râler au boulot et tente actuellement de relever le défi : tenir sans râler au travail pendant 21 jours d’affilée !