VIDEO : les hallucinations de Bill Viola

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VIDEO : les hallucinations de Bill Viola
Un visiteur devant l'une des installations de l'artiste, au Grand Palais à Paris.@ MAXPPP
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EN VIDEO – L’artiste vidéaste traduit ses visions en images pour un voyage métaphysique.  Europe1.fr s’est intéressé à l’une de ses plus impressionnantes créations. 

"Perplexe, perturbant", ce sont les mots qu’on saisit au vol, lorsqu’on déambule parmi les visiteurs de l’exposition Bill Viola, en ce moment au Grand Palais à Paris. Il s’agit de la première grande rétrospective de l’œuvre de cet artiste américain, considéré comme l’un des pionniers de l’art vidéo. Vingt œuvres magistrales, soit plus de trente écrans, et plusieurs heures d’images sont présentées. 

Une exposition toute en vidéos. L’univers de Bill Viola repose sur l'introspection, sur la quête existentielle. Son exposition est conçue comme un voyage introspectif. L’artiste, qui explique être né avec la vidéo, interroge le rapport au temps, à la mort, ou à l’être. C’est souvent lent (très lent), contemplatif, et spirituel, à l’image d’un homme qui s’est beaucoup intéressé au zen, en voyageant notamment au Japon. Ses œuvres invitent à la méditation, comme celle qu’il a intitulée Tristan's Ascension (The Sound of a Mountain Under a Waterfall, 2005). Europe 1.fr  vous entraîne à travers une des œuvres les plus impressionnantes de l’exposition.   



Bill Viola expose ses créations vidéo au Grand...par Europe1fr

Le temps de contempler. "L’ascension de Tristan", dans sa version complète, dure 10 minutes et 16 secondes. Cette œuvre, réalisée en 2004, participe d’un voyage  créé pour le spectateur. "Chaque personne suivra son propre chemin et retiendra ce dont elle a besoin ", explique Kira Perov, la compagne et partenaire de travail de Bill Viola. Les textes de l’exposition sont d’ailleurs volontairement réduits au minimum. "Ce que nous cherchons à donner aux gens, c’est le temps. Du temps pour contempler l’œuvre, mais aussi pour réfléchir aux concepts incarnés par elle ". Tristan's Ascension (The Sound of a Mountain Under a Waterfall, 2005) montre le corps d’un homme doucement enlevé par une pluie diluvienne. Ce tableau en vidéo décrit l'ascension de l'âme humaine après la mort, "au moment où elle se réveille et se trouve emportée par une chute d'eau " explique Viola. La cascade s'écoule ici à l’envers. L'eau, qui commence comme une pluie avant de transformer en cascade, finit par réveiller un homme allongé sur une dalle. Son corps inerte est soulevé peu à peu, puis s’élève jusqu'à disparaître. A la fin le débit ralentit et laisse seulement quelques gouttelettes sur la dalle. L’homme a été emporté.

Plongeon métaphysique.  Les corps qui flottent, s'élèvent, dorment (ou sont-ils morts ?) au fond des eaux tapissent l’imaginaire de Bill Viola. Une hypothèse, à laquelle il fait souvent référence, l’appelant un "traumatisme positif ": l’artiste a failli se noyer, à l’âge de 6 ans. Son oncle a réussi à le sauver, mais cette expérience limite lui a laissé une impression qu’il décrit comme paisible. L’eau est omniprésente dans ses œuvres.

Des visions reproduites en vidéos. "C’est de la pure magie ce qui a été fait ", explique Kira Perov. C’est exactement l’impression qu’on a devant "L’ascension de Tristan" une œuvre techniquement complexe. Au départ, Bill Viola imagine simplement une image, et réalise une esquisse. C’est après que cela se complique, et qu’il tente de la produire. Techniciens, décorateurs, ou encore le directeur de la photographie qui travaille depuis 20 ans avec les deux artistes, se sont penchés sur le défi technique. L’eau dans cette œuvre, est bien réelle. Il ne s’agit pas d’un effet numérique. "Ces œuvres peuvent devenir des productions gigantesques, prendre des dimensions hollywoodiennes " explique encore Kira Perov.

 Regardez une autre des œuvres présentées, qui est elle aussi représentative du défi technique, The deluge : 

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L’exposition Bill Viola au Grand Palais est à découvrir jusqu'au 21 Juillet 2014.

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