Un tableau saisi sous l'occupation rendu à son propriétaire 76 ans plus tard

  • A
  • A
Un tableau saisi sous l'occupation rendu à son propriétaire 76 ans plus tard
Les "3 danseuses en buste" de Degas.@ DR
Partagez sur :

La ministre de la Culture restituera les "Trois danseuses en buste" de Degas à sa propriétaire lundi.

Une oeuvre de Degas va retrouver ses propriétaires de la main même de la ministre de la culture, Audrey Azoulay lundi. La locataire de la rue de Valois va en effet restituer ce fusain intitulé "Trois danseuses en buste" à une famille juive spoliée par les nazis pendant la deuxième guerre mondiale. Pour le ministère, cette restitution clôture le premier dossier résolu depuis l'accord conclu il y a un an avec les généalogistes de France, et dont l'objectif est de retrouver les propriétaires des œuvres non réclamées au ministère.

Arraché à son propriétaire en 1940. Ce fusain de Degas qui date de la fin du 19ème représente trois danseuses. Sur le dessin, on devine les tutus et l'une des ballerines, de dos, ajuste son décolleté tout en portant son autre main à ses cheveux. L'oeuvre fait partie des quelque 2.000 saisies sous l'occupation. Elle avait été confisquée par les Allemands le 28 août 1940 à Paris chez Maurice Dreyfus. Retrouvé dans un placard de l'ancienne ambassade d'Allemagne à Paris en 1951, le fusain était stocké par le ministère de Culture au Louvre, dans l'attente d'une réclamation de la part de son propriétaire. Il y a quelques semaines encore, le ministère de la Culture ne connaissait en effet pas le nom du propriétaire de l'oeuvre.

degas-1280

Europe 1/Diane SHENOUDA


Un accord avec les généalogistes de France. La recherche du propriétaire commence en 2013. A cette époque, l'Etat décide d’identifier les vrais possesseurs des biens spoliés sans attendre qu'ils se présentent. Le travail des généalogistes de France commence en juin 2015 avec la signature d'une convention les mandatant pour retrouver les propriétaires des œuvres. Un peu moins d'un an plus tard, ce dessin de Degas constitue le premier cas résolu et l'ayant droit, Viviane Dreyfus, seule fille encore vivante de Maurice Dreyfus, pourra reprendre possession de l'oeuvre détenue par ses ancêtres.