Un tableau disparu en 1818 réapparaît

  • A
  • A
Un tableau disparu en 1818 réapparaît
@ DR
Partagez sur :

La France tente de récupérer un tableau volé il y a deux siècles et actuellement exposé à Paris.

Le "Christ portant la croix" de Nicolas Tournier, peint vers 1632, a longtemps été exposé au musée des Augustins de Toulouse. Jusqu'à sa disparition, en 1818, entre les mains d'un voleur. Depuis près de deux siècles, impossible pour la France de remettre la main dessus.

Et pourtant, depuis vendredi, le tableau est réapparu… en plein Paris, exposé aux yeux de tous par la galerie britannique Weiss, à l'occasion du Salon Paris Tableau au palais Brongniart.

L'Etat l'a aussitôt interdit de sortie du territoire français. Son objectif : récupérer l'œuvre d'art. "Nous revendiquons ce tableau comme propriété de l'Etat et il ne repartira pas", a déclaré le ministère de la Culture, précisant que l'œuvre avait été identifiée "de façon certaine".

Toujours exposé

La galerie a été informée dans le cours du week-end de la décision des autorités françaises. Malgré ce remue-ménage, le tableau, de 2,20 mètres sur 1,21 mètres, était toujours exposé lundi midi. Près de lui, une notice expliquant son parcours et son origine, sans ambigüité. Elle indique bien que la toile "a disparu du musée"  des Augustins de Toulouse.

Plusieurs décennies après son vol, le tableau avait atterri chez Salvatore Romano, un antiquaire de Florence décédé en 1955. Une part de sa succession avait finalement été dispersée en 2009 par la société de vente aux enchères Sotheby's. Le "Christ portant la croix" en faisait partie.

Surenchère

Selon les informations de Libération, il aurait alors été vendu 57.500 euros à Hervé Aaron, un marchand d'art parisien. Un prix relativement modeste qui s'explique par l'anonymat du tableau, attribué à "un maître caravagesque".

Mais son acheteur ne s'y est pas trompé et a immédiatement fait le lien avec l'œuvre disparue. Il a alors décidé de la revendre à la foire de Maastricht au prix de 400.000 euros. Il assure aujourd'hui avoir proposé à l'époque au musée des Augustins de l'acheter. Le tableau est désormais entre les mains de la galerie Weiss qui, jusqu'ici, a refusé de s'exprimer.