Un sursis pour Annie Leibovitz ?

  • A
  • A
Un sursis pour Annie Leibovitz ?
Partagez sur :

Selon Bloomberg, la Cour suprême de New-York a accordé un délai à la photographe des stars qui doit 24 millions de dollars.

John Lennon lové nu contre sa compagne Yoko Ono en couverture de Rolling Stone. Ce cliché, pris quelques heures seulement avant l'assassinat du chanteur en 1980, a fait la célébrité d'Annie Leibovitz. C'était l'une des premières photos de star prise par celle qui deviendra leur "tireur de portrait" attitré. Parmi ses clichés les plus célèbres, Demi Moore nue et enceinte ou encore Kirsten Dunst photographiée à Versailles alors qu'elle jouait dans le Marie Antoinette de Sofia Coppola.

Or, voici qu'Annie Leibovitz est au pied du mur. Excessivement dépensière, l'artiste compte à 59 ans quelque 24 millions de dollars de dettes (16 millions d'euros) qu'elle devait rembourser mardi au plus tard à son créancier, Art Capital, surnommé le "mont-de-piété pour millionnaires". Ses maisons et les droits d'auteur de ses photos ont été mis en gage pour garantir le prêt mais elle n'a pas autorisé Art Capital à les vendre. Aujourd'hui, le prêteur réclame son dû et a porté plainte.

Mais voilà que la Cour suprême de l'Etat de New-York a accordé un sursis à la photographe. Selon Bloomberg, elle aurait repoussé au 1er octobre sa décision pour lui laisser le temps de présenter son recours contre la mise en gage de la propriété intellectuelle de l'ensemble de son oeuvre et de ses photographies à venir.

Outre ses archives photographiques estimées à 50 millions de dollars selon le New York Times, Annie Leibovitz possède trois propriétés réunies en une qui occupent tout un angle de rue dans Greenwich Village au sud-ouest de Manhattan, une résidence secondaire à Rhinebeck, au nord de New-York et un appartement sur la Seine à Paris pour faire plaisir à sa compagne l'écrivain Susan Sontag, autre enfant chérie new-yorkaise, décédée en 2004. Le tout est estimé à quelque 40 millions de dollars.

"C'est la même histoire que l'émir du Qatar", explique à Catherine Boullay, Henri Chapier, président de la Maison européenne de la photographie, qui a exposé les photos d'Annie Leibovitz l'an dernier à Paris :


"Il faut vraiment que quelqu'un sauve son oeuvre", plaide, de son côté, le commissaire-priseur Pierre Cornette de Saint Cire :