Un haut fonctionnaire à la diversité nommé au ministère de la Culture

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Un haut fonctionnaire à la diversité nommé au ministère de la Culture
@ PATRICK KOVARIK / AFP
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La ministre de la Culture Fleur Pellerin souhaite mettre fin au problème "de représentation" qu'il y a, selon elle, dans le théâtre et dans la danse.

La ministre de la Culture Fleur Pellerin a annoncé la nomination d'un haut fonctionnaire chargé de la diversité au sein de son ministère, dans un entretien publié dans Libération lundi.

"Un problème de représentation". Dans cette édition réalisée par les blogueurs du Bondy Blog à l'occasion des dix ans des émeutes de banlieues de 2005, la ministre a estimé que "dans le théâtre, dans la danse, il y a un problème de représentation". "C'est pourquoi j'ai souhaité qu'il y ait auprès de moi un haut fonctionnaire en charge des questions de la diversité (...) pour nous interpeller, pour mettre le doigt là où ça fait mal", a-t-elle dit. "Nous devons réfléchir à la question de toutes les nominations, aussi bien dans les bureaux que sur scène".

"Se sentir légitime". Ce haut fonctionnaire sera chargé de veiller à la diversité dans tous les établissements culturels dépendant du ministère. Il travaillera avec un collège de personnalités qualifiées, qu'il constituera avec la ministre. Fleur Pellerin a aussi souhaité que "chacun puisse se sentir légitime" dans les lieux culturels comme l'Opéra, la Comédie-Française, le Louvre. 

Ne plus faire "une politique pour 10% de la population". "Beaucoup de gens ne vont par exemple pas se sentir à l'aise pour aller voir une exposition au Palais de Tokyo. Je le sais très bien moi-même : j'ai mis vingt-cinq ans avant d'oser entrer à l'Opéra de Paris, et pourtant j'adore l'opéra depuis toute petite", a-t-elle raconté. "J'allais emprunter des cassettes à la médiathèque du quartier, j'écoutais cela en boucle, et ne me sentais pour autant pas légitime dans ces lieux-là", a poursuivi la ministre. "En même temps, il nous faut aussi rééquilibrer nos champs d'intervention, à la fois sur le plan géographique et sur le plan des esthétiques, parce qu'ils ne me semblent plus en phase avec l'époque", a indiqué la ministre, estimant qu'on ne pouvait "pas continuer de mener une politique pour 10 % de la population".