Thomas Dutronc : Gainsbourg, "je l'aimais de tout mon cœur"

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Le fils de Jacques Dutronc et de Françoise Hardy s'est lié dans sa jeunesse à une autre icône de la chanson française : Serge Gainsbourg. Les moments passés avec lui restent des souvenirs suspendus.

INTERVIEW

Père : Jacques Dutronc, mère : Françoise Hardy. Mais on pourrait ajouter à la filiation de Thomas Dutronc, en tournée pour son troisième album, une autre icône de la chanson française : Serge Gainsbourg. Invité dans l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie, le chanteur a évoqué les liens d'amitié qui l'unissaient avec la star, dès l'enfance.

"Chez lui, au Ritz, parfois avec Charlotte". Une fois par mois environ, Serge Gainsbourg emmenait un Thomas Dutronc d'une quinzaine d'années dîner "chez lui, au Ritz, chez Maxim’s, parfois avec Charlotte." Gainsbourg avait 60 ans. La différence d'âge importait peu, même si aujourd'hui ces moments apparaissent au fils Dutronc comme "surréalistes. Je ne sais pas, c’était ma vie, c’était comme ça, j’étais jeune", commente le musicien.

"Je ne lui posais pas assez de questions". Dans ces dîners, Gainsbourg et lui "parlaient de tout. On était un peu garnements, on racontait beaucoup d’histoires drôles. Je ne lui posais pas assez de questions. Je regrette tellement de ne pas avoir pu parler de plus de choses avec lui, de musique en profondeur. Il m’a fait écouter Love me tender chez lui sur des enceintes magnifiques, parce que j’étais fan d’Elvis. Je me rappelle de lui disant 'C’est la plus belle chanson du monde, j’aurais rêvé l’écrire moi.' Ce n’était pas la seule chanson, j’imagine, pour laquelle il aurait pu dire ça, mais c’est des petits moments comme ça" dont Thomas Dutronc se souvient. Gainsbourg meurt quand il à 17 ans. Mais il se remémore d'autres souvenirs : "les œuvres d’arts qu’il y avait partout chez lui, son parfum magnifique, son côté raffiné."

Entendu sur Europe 1
Je regrette tellement de ne pas avoir pu parler de plus de choses avec lui, de musique en profondeur.

"Des coupes de champagne sous la table". Il se rappelle aussi d'une anecdote, une soirée dans un restaurant chinois avec ses parents. Il était bien plus jeune, 11 ans. C'était la première fois qu’il gouttait de l’alcool. "Serge me passait des coupes de champagne comme ça, sous la table. J’en ai bu sans que mes parents ne s'en rendent compte. J’ai dû en boire deux, trois. J’étais saoul, je riais, ma mère me grondait un peu mais en riant aussi. J’ai beaucoup fait rire ma mère en disant 'comme je comprends papa !' parce que lui aimait bien l’apéritif."

"Les gens qu'il aimait, il les protégeait". Mais il n'y avait pas que ce côté flambeur et provoc. Pour lui, Gainsbourg était aussi quelqu'un de très "délicat. Les gens qu’il aimait, il les protégeait beaucoup. Ils étaient comme des bijoux précieux. Charlotte, il la protégeait", raconte Thomas Dutronc, qui se sentait "flatté" d'avoir un tel ami. "C'était quelqu’un que j’aimais de tout mon cœur", avoue-t-il en précisant pourtant que dans "la famille Dutronc, on est très pudiques. On ne sait pas trop parler, on est des spécialistes pour parler de la météo alors qu’il y a plein de choses à se dire."