Succès pour les grands crus aux enchères chez "ma tante"

  • A
  • A
Succès pour les grands crus aux enchères chez "ma tante"
Partagez sur :

La salle du Crédit municipal était pleine à craquer mardi après-midi pour la première vente aux enchères de grands vins déposés en gage, où nombre de crus prestigieux ont atteint plus de 600 euros la bouteille.

Mouton-Rothschild, Château Cheval Blanc, Montrachet... Au total, 2.350 bouteilles ont été vendues aux enchères mardi par le Crédit Municipal, anciennement Mont de Piété de Paris. Pour cette première vente aux enchères depuis 232 ans, de grands crus gagés chez "ma tante", au coeur du Marais, ont ainsi trouvé preneur auprès d'un public en majorité masculin, les enchères se déroulant en salle et au téléphone.

Sous le marteau du commissaire priseur Dominique Giafferi, amateur de grands vins et de bons mots, plus de cinq cents lots se sont envolés devant plus de 300 personnes. Les enchères ont rapporté au total 200.000 euros, un montant conforme aux attentes du Crédit municipal. Dans les grands Bordeaux, les prestigieux Pauillac ont crevé les plafonds des estimations : 6 bouteilles de Château Lafite Rothschild de 2000 ont trouvé acquéreur à 3.950 euros et douze bouteilles de Château Lafite Rothschild de 1998 sont parties à 3.150 euros. Les Saint Emilion ont aussi été à l'honneur : 12 bouteilles de Château Ausone 1990 dans leur caisse de bois d'origine ont été emportées pour 3.100 euros (hors frais), 12 bouteilles de Château Cheval Blanc 1986 sont parties à 1.700 euros.

Le Crédit municipal accepte les grands crus en gage depuis l'an dernier."Depuis l'origine, notre activité s'adresse à tous ceux qui passent un cap difficile, pas seulement des gens modestes" explique Bernard Candiard, président du Crédit Municipal. Selon lui, si les clients ne sont pas "des banquiers qui mettent en gage un tableau pour régler leurs impôts", ce sont les habitants du XVIe qui fréquentent le plus "ma tante" devant ceux des XVIIIe et XIXe arrondissements. L'établissement fut ainsi surnommé après l'aventure du prince de Joinville, fils de Louis-Philippe et joueur invétéré, qui prétendit avoir oublié chez sa "tante" la montre qu'il avait gagée.