Sting : "Je crois que j'ai pris un peu de sagesse"

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Le chanteur anglais sera le premier artiste à jouer au Bataclan samedi soir, après les attentats du 13 Novembre. Il était aussi l'invité d'Europe 1 Music Club pour la sortie, vendredi, de son disque, 57th & 9th.

INTERVIEW

L'Anglais, qui a triomphé avec son groupe The Police et en solo, revient avec un nouvel album intitulé 57th & 9th, du nom de l'intersection où il a enregistré en studio. Pour la sortie de ce onzième album, Sting était l'invité d'Europe 1 Music Club, à quelques heures du concert qu'il donnera au Bataclan, samedi. Le tout premier depuis la réouverture de la salle après les attentats de novembre 2015.

"Etre surpris". "Ce qui est le plus important dans la musique pour moi, c'est la surprise. Quand j'écoute de la musique, je veux être surpris. Quand je compose aussi. Et je veux surprendre les gens. Depuis dix ans, je fais des disques que vous pourriez appeler 'ésotériques'." Avec ce nouvel opus, il pense avoir gagné son pari "parce que tous ceux qui écoutent disent qu'ils ne s'attendaient pas à ça."

"Empathie". Après avoir touché à tous les styles, du jazz au classique, il accouche d'un album rock enregistré dans l'urgence à New York. "J'ai fait venir mes musiciens en studio. Je n'avais aucune idée de ce qu'on allait faire. On a joué un peu au ping-pong musical. On a collaboré et juste joué. On s'est marré en fait et puis j'ai structuré des parties musicales et j'ai trouvé une histoire." Résultat ? C'est un disque où le réchauffement climatique côtoie le sort des réfugiés. Sur Inshallah, il évoque les migrants d'une voix très calme. "Je n'ai pas de solution politique mais s'il y en a une, elle doit être vraiment sérieuse et qu'il y ait un sens, de l'empathie. C'est ça la façon de régler le problème, c'est d'imaginer qu'on est avec eux."

J'ai 65 ans, Je considère que j'ai déjà vécu la plus grande partie de ma vie.

Au sujet du réchauffement climatique, sur la chanson One fine day, le rythme est plutôt enjoué, paradoxalement : "C'est un sujet très sérieux mais j'ai voulu, plutôt, être ironique. Dès fois, l'humour est plus efficace qu'être en colère ou militant". Il y a aussi la chanson 50.000 comme 50.000 personnes à un concert. Elle fait référence à Bowie, Prince et Alan Rickman, l'acteur britannique décédé il y a quelques mois et qui été un ami proche de Sting. "C'est une chanson compliquée. Le choc de toutes ces pertes dans une période très courtes m'a fait penser à ma propre mortalité. J'ai 65 ans, je considère que j'ai déjà vécu la plus grande partie de ma vie. Cela ne me rend pas morbide, ça rend ma vie plus riche d’accepter qu'il y ait une fin à tout cela."

"Sage". Les années écoulées lui ont donné un avantage : "Je crois que j'ai pris un peu de sagesse. Je ne pourrais pas la quantifier mais je me sens heureux dans ma peau. J'ai six enfants et six petits-enfants donc je me sens plutôt sage". Un sage toujours en quête de surprises. "Si quelqu'un me donne un album à écouter et que je ne suis pas surpris en huit ou seize mesures, je l'éteins. J'écoute de la musique pour apprendre, pas juste pour m'amuser. Je l'analyse. La musique, c'est ma vie, je ne peux pas me relaxer. Si je marche dans un supermarché et qu'il y a de la musique, je l'écoute. Pareil dans une conversation, s'il y a de la musique, mon cerveau s'y accroche". Un sage, toujours en quête donc, et qui se dit "obsédé de musique".