Stéphane de Groodt : "Je voulais faire de la vie un terrain de jeu"

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C'est parce qu'il rêvait d'une vie exceptionnelle que l'acteur s'est ouverte toutes les portes : d'abord celles des circuits automobiles pour arriver sur les écrans de cinéma.

INTERVIEW

Nouveau (et trouble) héros de la troisième saison de la série Kaboul Kitchen de Canal +, l'acteur Stéphane de Groodt était l'invité d'Isabelle Morizet dimanche. Il a évoqué son parcours, qui l'a mené de la confection de raviolis aux terrains de course jusqu'aux planches et aux plateaux de cinéma.

Enfant ancre et limite obèse. De tels grands écarts s'expliquent par une seule phrase : "Je voulais faire de la vie un terrain de jeu". Malgré sa naissance dans un milieu bourgeois en Belgique, il est un enfant pas très à l'aise, assez cancre, "très gros, limite obèse". "Toutes les embûches de la vie font qu’à un moment donné, vous devez vous réinventer, vous sauver." 

Il paye sa formation de pilote en cargaisons de raviolis. Il se passionne pour la course automobile. "Je trouvais que c’était très spectaculaire. Les pilotes étaient des héros, les chevaliers des temps modernes. C’est plus qu’un métier, c’est un destin. J’avais envie d’avoir un destin spectaculaire. Ça me donnait l’illusion que j’allais exister". Son ambition et sa ténacité payent sa très onéreuse formation de pilote. "J’aime cuisiner et il fallait que je me paye une école de pilotage. Un copain plus âgé que moi avait des restaurants. Un jour, j’ai fait des raviolis farcis. Je lui ai livré deux ou trois portions. Il m’en a demandé vingt pour le lendemain. Je cuisinais dans la cuisine de ma mère, la nuit." Il arrête les cours, continue les pâtes, trouve des sponsors, devient pilote pendant une quinzaine d'années jusqu'à ce que son "âme d'artiste plus que de sportif" ne lui donne le signal de changer de voie.

Un livre qui "vaut tous les castings". Vers 25 ans, il faisait déjà de l'improvisation théâtrale. Sa carrière de comédien débute vraiment grâce au succès littéraire de Voyage en Absurdie (Plon), un recueil de ses chroniques qui jouaient avec les mots sur Canal +. "Ça valait tous les castings, tous les diplômes, ça valait de l’or que ce livre existe. Je n’en suis pas revenu de bien des choses qui me sont arrivées ces dernières années", réalise le comédien, qui va partir en tournée avec Bérénice Béjot pour la pièce de théâtre Tout ce que vous voudrez et qui sera aux côtés de Louise Bourgoin prochainement au cinéma.

"Bien plus serein". A 50 ans, il dit être devenu celui qu'il voulait être et se sentir "beaucoup plus serein qu’il y a quinze ou vingt ans". Il lui reste bien des projets à accomplir : écrire un long-métrage sur le langage et l’identité, ainsi qu'une pièce de théâtre et continuer à jouer. Il projette aussi de s'investir dans la littérature enfantine avec ses deux filles de 8 et 11 ans, issues de son mariage avec Odile d’Oultremont. Il risque en tout cas d'étonner, bien incapable de suivre une ligne autre qu'un circuit. "Les rails, moi, ça m’angoisse terriblement. On sait où on va, j’ai l’impression que tout est prévu à l’avance et je ne veux pas ça."