Renaud se confie : "Je ne bois plus, je suis un nouvel homme"

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INTERVIEW INTEGRALE - Le chanteur, qu'on n'avait plus entendu dans une longue interview depuis des années, s'est livré en exclusivité jeudi sur Europe 1. 

EXCLUSIF

Tour d'abord, comment allez-vous Renaud ?

Je vais très, très, très bien, sauf qu’aujourd’hui c’est un jour triste, un jour de recueillement pour nos amis de Charlie Hebdo qui sont morts il y a précisément un an. Donc Christophe Alévêque organise un grand rassemblement place de la République à Paris à 18h. J’espère que mes fans seront nombreux à venir à cet hommage rendu à nos potes de Charlie.

Et votre album ?

Je vais très bien et mon album est, sans prétention, magnifique, mon plus bel album depuis Mistral gagnant, il y a 25 ans. A mes yeux – c’est peut-être prétentieux de ma part de dire ça – je crois que ça va faire du bruit. J’ai retrouvé ma voix des grands jours, à savoir la voix de Marchand de cailloux par exemple, un album d’il y a plus de quinze ans. Je ne suis plus comme ça, à parler comme ça "ouais… ouais" [il imite une voix rauque]. Je suis en pleine santé, j’ai passé quelques jours en clinique à Bruxelles pour faire un check-up complet, du sida au moindre rhume, de la stéatose – problème avant la cirrhose – négatif. Scanner, IRM, du cerveau, de tous les organes, le foie, la rate. Tout va très, très bien. Je suis en pleine forme, je marche droit, je ne titube plus dans la rue. Je ne bois plus, je marche et je suis un nouvel homme, un phénix qui renaît de ses cendres.

Vous voulez remonter sur scène ?

J’envisage de remonter sur scène avec une idée de décor magnifique. Si ça se fait, si mon budget le permet, j’envisage un décor qui va laisser tout le monde sur le cul, pour être poli.

Vous dites sur votre page Facebook plus d’alcool, moins de cigarettes ?

Infiniment moins. Plus d’alcool du tout, aucun manque. 15 cigarettes par jour, j’aimerais descendre à dix mais je me maintiens à quinze, ce qui est mieux que deux paquets et demi… naguère.

L’image du phénix est tellement belle, avec ce que vous venez de traverser j’imagine…

J’ai vécu quelques années difficiles où je buvais beaucoup, où je parlais peu, voire plus du tout, où je me contentais de grogner et je rendais les gens malheureux autour de moi. Aujourd’hui, je les rends heureux. Tous les amis que j’ai vus de passage, qui viennent me voir, ressortent de là heureux, avec la banane. "Putain, j’ai vu Renaud, il a une forme éblouissante, il a retrouvé sa voix ! Non seulement il parle juste, mais il parle surtout." Avant je ne parlais plus, j’étais muet comme un tombeau. Aujourd’hui je reparle, je revis, je renais. Ça ne peut pas aller mieux. Mieux, ça serait indécent. 

Qu’est-ce que vous allez nous raconter dans cet album ? 

Ahlala… beaucoup de choses. Une chanson qui fait vaguement allusion à la disparition de mes amis, dédiée aux victimes des attentats et autres. C’est une chanson qui s’appelle Hypercacher, une autre qui s’appelle J’ai embrassé un flic, suite à la manif du 11 janvier dernier où il y avait près de quatre millions de personnes. Des chansons d’amour bien sûr, et une ou deux chansons fantaisistes.

Ça va toujours être dans le style Renaud, j’imagine…

Toujours, toujours mon style…

Vous avez repris la guitare ?

J’ai repris la guitare. Mais je n’ai pas composé la moindre musique sur cet album, j'ai tout délégué à mon réalisateur, arrangeur, musicien et compositeur, Michaël Ohayon, mon second guitariste sur scène avec Jean-Pierre Bucolo, et le résultat est exceptionnel, à mes yeux.

Qu’est-ce qui vous a permis de remonter la pente, de repartir ?

Je suis allé à Bruxelles où j'ai passé quatre mois. Je suis allé quinze jours dans une clinique pour addictologie, où j’ai rencontré un addictologue, personne qui se charge de vous faire décrocher ou de l’alcool, ou du tabac, ou de la drogue. En l’occurrence, de l’alcool. J’ai passé une journée avec cet addictologue et les jours qui ont suivi, j’ai fait un check-up complet de la tête aux pieds. A part un taux de potassium trop bas, et qui risquait de me causer des problèmes cardiaques, ce que je n’ai pas eu grâce à une perfusion de potassium... Je suis remonté à un taux tout à fait normal. Je suis ressorti de là requinqué, comme un nouveau-né. 

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter maintenant ?

Une belle année 2016, qui ne peut pas être pire que 2015 avec tous ces attentats, tous ces morts, toutes ces victimes. Une belle année 2016, voilà. Et de retomber amoureux, surtout. 

C’est ce qui vous manque maintenant, il ne manque plus que ça ?

Il ne manque plus que ça à mon bonheur.

Merci Renaud, on se donne rendez-vous en mars pour l’album et la tournée.

Je reviendrai vous voir en mars.