Samuel Benchetrit : "Est-ce qu'on ne traite pas mieux la plupart des chiens qu'un bon nombre de mecs qui dorment par terre ?"

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L'acteur et cinéaste vient d'adapter son roman "Chien" en film. Le long-métrage en salles en mars questionne sur la place de l'homme dans la société.

Chien ? C''est le nom du roman que Samuel Benchetrit a publié en 2015. Puis l'acteur a décidé de l'adapter en prenant le parti de ne pas se relire. Cela a donné un film avec Vincent Macaigne et Vanessa Paradis, qui était présenté cette semaine au festival des Arcs en section parallèle. Notre journaliste a pu rencontrer le cinéaste bien avant que le film ne sorte en salles, le 14 mars prochain. Il raconte que tout se joue dans ce long-métrage entre violence et tendresse.

"On nous demande d'être toujours plus beau, plus riche". "C'est l'histoire d'un homme qui va affronter plusieurs épreuves : sa femme va le quitter, il va perdre son travail, perdre son logement. Il va être récupéré par un dresseur de chiens qui va décider d'en faire son animal de compagnie." Un pitch qui étonne, mais le réalisateur s'explique : "Pour moi, le sujet du film, c'est la tendresse face à une violence omniprésente." Cet homme devenu chien, soumis, "est presque révolutionnaire par son pacifisme. Il est complètement non-violent. Ça crée non seulement la colère chez les autres personnages mais aussi chez une partie du public. On nous demande d'être toujours plus, plus beau, plus riche, et à un moment, c'est insupportable. On ne demande pas ça à un chien ! À la fin, en tant que chien, on le caresse, on l'aime, on est gentil avec lui, il est accepté dans la chambre de son fils, sa femme est tendre avec lui."

Une vision cynique qui pousse le cinéaste à la réflexion : "Voilà, est-ce que dans nos grandes villes, on ne traite pas mieux la plupart des chiens qu'un bon nombre de mecs qui dorment par terre, dehors, dans le froid sur les trottoirs ? Pour que la tendresse du personnage explose vraiment, il fallait qu'il y ait cette violence."