Royal en cause dans la déprogrammation d'Orelsan ?

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Royal en cause dans la déprogrammation d'Orelsan ?
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Sa chanson "Sale pute" a valu à Orelsan d'être déprogrammé des Francofolies de la Rochelle. Une décision dénoncée par de nombreux artistes.

Les Francofolies de la Rochelle (du 10 au 14 juillet 2009) ont décidé de déprogrammer le rappeur Orelsan, qui a suscité la polémique après la diffusion sur internet de sa chanson "Sale pute". La communication du festival a toutefois fait valoir que "Orelsan, artistiquement, correspondait aux attentes du festival".

"Des associations ont demandé l'annulation de son concert et se disaient prêtes à manifester", selon la maison de disques du rappeur, 3è Bureau, citée par le quotidien. "Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes, serait même directement intervenue sur la question", ajoute le site.

Plusieurs artistes ont contesté la déprogrammation du rappeur, dans laquelle ils voient un danger pour la liberté d'expression. Olivia Ruiz a ouvert son concert samedi en le dédiant à "celui qui n'est pas là, monsieur Orelsan". Dans une lettre virulente rendue publique samedi par la maison de disques du rappeur, le chanteur Cali a dénoncé de son côté un "acharnement insupportable sur Orelsan".

Le fondateur des Francos, Jean-Louis Foulquier, qui en a cédé les rênes en 2004 à la nouvelle équipe dirigeante, a déclaré que Cali "aurait dû réfléchir" avant de s'en prendre aux organisateurs car "c'est Ségolène Royal l'instigatrice de tout ça". Or le chanteur est un des soutiens de Mme Royal, a-t-il souligné.

Jack Lang, ancien ministre de la Culture socialiste, a déclaré, au micro de Raphaëlle Schapira, que cette annulation était une "régression intellectuelle, culturelle et politique" :

C'est la chanson "Sale pute", postée sur internet il y a deux ans et qui ne figure pas sur son album, qui est à l'origine des déboires d'Orelsan. Pour sa défense, Orelsan avait assuré en mars ne plus interpréter la chanson incriminée sur scène "depuis six mois" et jugé que "la polémique (n'avait) pas lieu d'être". "Il est faux de dire que cette chanson est un appel au meurtre des femmes. C'est une fiction, qui avait été mise sur internet avec une vidéo dans laquelle j'ai voulu symboliser le passage de l'amour à la haine".