Riad Sattouf : "J'ai l'impression de faire partie de la bande de copains d'Esther"

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Le dessinateur publie jeudi le troisième tome des "Cahiers d'Esther", dans lequel il narre la vie d'une jeune fille 12 ans.

INTERVIEW

Riad Sattouf est fasciné par la jeunesse. Celle d'ados pré-pubères dans le film Les beaux gosses, la sienne dans L'Arabe du futur, mais aussi celle d'une petite fille, Esther. Le troisième tome de la BD qui raconte sa vie, Les Cahiers d'Esther, sort jeudi. Le dessinateur revient sur ce projet au micro de Melting Pop, sur Europe 1.

"C'est comme si j'avais un espion chez les jeunes". Esther a grandi. Elle a maintenant 12 ans. Deux ans ont passé depuis le premier tome de Riad Sattouf. "C'est une vraie petite fille, qui ne s'appelle pas Esther, car j'ai changé son nom, et elle me raconte des choses de sa vie que je mets en images", rappelle le dessinateur. "Lorsque j'étais en train d'écrire L'Arabe du futur, j'ai revu cette petite fille, d'un couple d'ami à moi. Elle avait grandi et elle s'est mise à parler de son quotidien, de sa façon de voir le monde", se souvient Riad Sattouf. Aussitôt, l'artiste a estimé que, de cette rencontre, pourrait naître une bande dessinée. "C'est comme si j'avais un espion chez les jeunes", souligne-t-il.

Avec Riad Sattouf, Esther parle donc de son quotidien, ses amis, ses goûts musicaux, sa vision du monde. "J'ai l'impression de faire partie de sa bande de copains", confie le dessinateur. Dans ce troisième tome, année d'élection présidentielle, il est question de politique bien sûr. Et la petite fille a un avis bien tranché sur certaines personnalités. François Fillon par exemple : "Franchement beau pour son âge. De droite par contre, il n'aime pas les pauvres et préfère les riches".

"Les garçons et les filles sont très séparés". Au cours de cette plongée dans le monde de l'enfance, ce qui a le plus surpris Riad Sattouf, ce sont "les rapports entre garçons et filles". "Que ce soit à mon époque, dans mon école en Syrie, ou après en France, et encore dans le collège d'Esther aujourd'hui : les garçons et les filles sont très séparés", constate le dessinateur. "Esther déteste les garçons, mais en même temps, elle est fascinée par eux. Pour Esther, un garçon doit faire du foot, être agressif et violent. Si un garçon est gentil, c'est louche, ce n'est pas un vrai garçon pour elle", relate Riad Sattouf.