Retour sur "Seven" : une histoire de chiffres

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Retour sur "Seven" : une histoire de chiffres
Morgan Freeman (William Somerset) et Brad Pitt (David Mills).@ New Line Cinema
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Lundi soir à 21 heures, C8 rediffuse le deuxième long-métrage de David Fincher. Un thriller qui n'a rien perdu de sa superbe, 22 ans après sa sortie.

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Pour David Fincher, l'année 1995 marque un tournant, avec la sortie de son deuxième film Seven, diffusé lundi soir sur C8 à 21 heures. Trois ans plus tôt, il faisait des premiers pas déceptifs, avec le troisième opus d'une franchise reconnue : Alien 3. Mais privé du montage final, le cinéaste garde surtout un mauvais souvenir de cette expérience, dont il reniera le rendu.

Un coup cinématographique à 330 millions de dollars de recettes. Avec Seven, David Fincher hérite d'un scénario d'Andrew Kevin Walker qui raconte l'enquête menée par deux policiers. Ils traquent un tueur en série qui s'inspire des sept péchés capitaux pour commettre ses meurtres. Aux côtés du cinéaste, deux acteurs d’envergure : Brad Pitt (David Mills) et Morgan Freeman (William Somerset). Le premier incarne un jeune policier, tout juste arrivé dans son nouveau commissariat. Le second est, à quant lui, un vieux loup de mer, à seulement une semaine de la retraite. Pari gagnant pour David Fincher. Seven est un succès critique et public. Le long-métrage engrange près de 330 millions de dollars de recettes au box-office.

7 - 2 - 1. On peut poser sur Seven une lecture presque arithmétique tant le film s'organise autour de chiffres. Le sept évidemment, omniprésent jusque dans le titre du film. Sept, comme autant de péchés capitaux. Sept, comme les jours restant pour William Somerset avant de partir à la retraite. Ou sept comme les jours de la semaine, durée sur laquelle se déroule l'enquête. 

Rapidement, Seven se construit également sur des schémas de dualité. Le film en est rempli. En premier lieu, il y a évidemment l'opposition entre les deux policiers, avec leurs différences de style, d'âge et de tempérament. Mais c'est surtout autour des notions de mal et de bien que l'intrigue va rapidement se former, pour tenter de déceler où se situe la frontière entre les deux et le point de bascule de l'un vers l'autre. Un long-métrage où les contraires s'affirment, parfois se répondent et finissent même par se mélanger.

Enfin, Seven prend forme aussi dans un tout : une ville, avec ses gigantesques immeubles, sans cesse noyée sous la pluie. Un grand-tout anonyme (elle n'est jamais nommée), où William Somerset ne veut plus vivre. Dans la séquence d'ouverture, alors que le vieux policier se prépare, le tumulte de la circulation, les voisins qui se disputent, les télévisions des appartements mitoyens forment un bruit de fond incessant. Un brouhaha que l'on retrouvera tout au long des 127 minutes de Seven, comme une litanie incessante pour faire de la ville un capharnaüm géant dont on n'échappe jamais vraiment.

Elle est peut être là, la vraie clé du film, dans cette ville en forme de boîte géante refermée sur elle-même, où les hommes s’agglutinent, s'aiment et se déchirent. Une boîte de laquelle le personnage de Morgan Freeman aimerait bien s'extraire, lui qui a vu à quel point elle pouvait être, finalement, terriblement dangereuse.