Rencontres du dessin de presse : pas d'annulation, mais un "report"

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Rencontres du dessin de presse : pas d'annulation, mais un "report"
@ AFP
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REVIREMENT - Le Mémorial de Caen donne finalement rendez-vous au mois d'octobre prochain, sans préciser de date. 

Ce n'est pas une annulation mais "un report". Le Mémorial de Caen avait d'abord prévu d'annuler les 5e rencontres internationales du dessin de presse au mois d'avril, par craintes d'éventuels attentats. La 5e édition devait se dérouler les 10 et 11 avril et devait réunir 44 dessinateurs du monde entier. Mais le musée a corrigé le tir. Il donne finalement rendez-vous au mois d'octobre prochain, sans préciser de date.

La crainte d'attentats à l'origine de l'annulation. Aucune menace spécifique n'a été reçue à l'encontre des "Rencontres du dessin de presse" et un seul des 44 dessinateurs attendus au Mémorial a annulé sa venue. Pourtant le directeur du Mémorial, Stéphane Grimaldi, redoutait des attentats après le piratage du site internet et après le double attentat de Copenhague. Il avait ainsi justifié jeudi sa décision, au départ, d'annuler purement et simplement le rendez-vous, avant d'évoquer un report. "On ne peut pas se permettre de mettre en danger qui que ce soit, ni les dessinateurs, ni le public, ni les salariés du Mémorial", avait-il expliqué, invoquant "le piratage", à six reprises, du site internet du Mémorial.

La colère du dessinateur Enki Bilal. Le dessinateur Enki Bilal, qui s'est exprimé vendredi sur Europe 1, a très mal pris cette annulation, aujourd'hui convertie en report. "Je pense que la liberté de créer, de s'exprimer, ne doit absolument pas reculer." Enki Bilal, qui a parlé de "régression", considère qu'il est hors de question de tomber dans le jeu des terroristes. Le dessinateur a aussi mis en garde contre l'essoufflement de l'esprit du 11 janvier.  Dans cette "manifestation monstre et magnifique" du 11 janvier, en faveur de la liberté d'expression et en hommage aux victimes de Charlie Hebdo, "il y avait toute cette envie de ne pas courber l'échine, de ne pas se laisser dicter des lois de pure régression, de terrorisme, d'intimidation."