Reda Kateb : "Je me mets à la place des gens qui sont victimes de ces contrôles perpétuels"

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A l'affiche du film "Les Derniers Parisiens", qui sort le 22 mars, l'acteur était l'invité d'Europe 1. Il en a profité pour raconter comment il avait été contrôlé par la BAC. S'il n'incrimine pas tous les policiers, il regrette que certains fassent "beaucoup de mal".

INTERVIEW

Tout juste après avoir fait l'ouverture de la Berlinale avec un bipic sur Django Reinhardt, Reda Kateb sera à l'affiche mercredi du film Les derniers Parisiens, réalisé par le duo Hamé et Ekoué du groupe de rap La Rumeur. Le comédien césarisé était l'invité, dimanche, de l'émission C'est arrivé demain.

"Mieux les comprendre". Dans Les derniers Parisiens, il apprécie que le film "montre des vies qu'on n'a pas l'habitude de montrer au cinéma, pas de manière sympathique, mais en passant du temps avec ces personnages, peut-être qu'on arrive à mieux les comprendre", décrit Reda Kateb qui joue le rôle de Nas, un homme qui sort de deux ans de prison pour des petits trafics. "C'est un personnage qui tente de se refaire de manière propre, qui a beaucoup d'ambition. Il va être confronté à son frère, qui a le désir d'avoir la vie la plus tranquille possible." 

"Attristé" par l'affaire Théo. L'histoire se déroule à Pigalle, à Barbès, entre petits trafics et codes d'honneur. "Nas a quelque chose de solaire et de pathétique à la fois". Beaucoup des seconds rôles, autour du conflit fraternel, sont tenus par des non professionnels, "des gens vrais qui sont venus avec leurs manières, leur argot, mélange d'argot parisien et d'argot de banlieue, avec quelque chose de très chaleureux". En parlant des banlieues, l'acteur se dit "attristé par la tournure que les choses sont en train de prendre" après l'affaire Théo.

"Alors Mister Aziz, on n'a pas des stupéfiants ?". "Je me sens concerné. J'avais joué dans une série qui s'appelait Engrenages et un jour en rentrant chez moi, je me suis fait fouiller à un arrêt de bus par une brigade de la BAC. En citant le nom de mon personnage, ils m'ont demandé 'Alors Mister Aziz, on n'a pas des stupéfiants sur soi ?' Je leur ai dit qu'ils regardaient trop la télé. Je les ai vouvoyés", raconte-t-il en comparant l'approche des policiers à celle de "voyous". "Je me mets à la place des gens qui sont victimes de ces contrôles perpétuels, et aussi à la place des flics qui veulent bien faire leur travail et dont les collègues salissent et font beaucoup de mal avec leur manière à eux de faire ce métier."

>> Découvrez la bande annonce du film Les derniers Parisiens :