Quand Napoléon prenait des cours d’anglais

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Quand Napoléon prenait des cours d’anglais
C'est sur le vaisseau anglais qui l'emmenait en exil à Sainte-Hélène entre août et octobre 1815 que Napoléon avait manifesté le désir d'apprendre la langue de ses ennemis.@ maxppp
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Les premières leçons d'anglais de Napoléon 1er en exil à Sainte-Hélène seront mises aux enchères.

Des documents exceptionnels de la main de Napoléon 1er vont être mis en vente dimanche prochain à Fontainebleau (Seine-et-Marne) par la maison de vente Osenat. Il s'agit de trois petits feuillets qui sont autant de leçons d'anglais. Deux sont estimés entre 3.000 et 4.000 euros chacun, le troisième étant évalué entre 1.000 et 1.500 euros par la maison de vente.

Une véritable conquête

Défait à Waterloo le 18 juin 1815, c’est en route pour la colonie anglaise de Sainte Hélène, où il sera retenu prisonnier jusqu’à sa mort que Napoléon a commencé à recevoir des cours d'un de ses proches, le comte de Las Caze. Ce dernier connaissait bien l’anglais puisqu’il avait émigré à Londres sous la Révolution. Les leçons se poursuivront sur l'île pendant plusieurs mois.

L’acquisition de l’anglais devint pour Napoléon une véritable conquête. "What was it arrived" ("qu’est-ce qui était arrivé"), "how many were they" ("combien étaient-ils"), sont quelques-unes des phrases écrites par Napoléon sur ces documents qui témoignent d’une volonté de parler la langue de l'ennemi.

Des gribouillages au verso du papier

L’écriture est fort lisible même si sur certains mots l’encre a bavé. Sur la table, l'empereur déchu disposait d'un dictionnaire et un tableau pour les verbes. La leçon se déroule alors de la façon suivante. Las Caze explique les règles de grammaire et la syntaxe, à mesure qu’elles se présentent.Napoléon doit traduire en anglais des phrases prises sous la dictée. Il va vite y prendre goût.

Mais il ne fait pas qu’écrire. "Non seulement comme un élève d’une petite classe, Napoléon apprenait les premiers cours d’anglais mais en même temps il griffonnait, des remparts ou des projets de fortifications. Il était très attentif, mais en même temps il gribouillait comme un enfant", a confié à Europe 1 Jean-Pierre Osenat, le commissaire priseur chargé de la vente.

Toujours est-il que les cours de Las Caze porteront leur fruit. L’empereur sera capable d’écrire en anglais. Mais il aura beaucoup plus de difficultés à le parler.