Quand la présidentielle squatte les spectacles des humoristes

  • A
  • A
Quand la présidentielle squatte les spectacles des humoristes
Stéphane Guillon, récidiviste de la représentation au soir du second tour de la présidentielle et pionnier du genre.@ CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Partagez sur :

La culture est l'une des grandes absentes des débats présidentiels. Pourtant, les humoristes s'approprient la campagne, quitte à placer l'élection au cœur de leur spectacle.

Avec Liberté (très) surveillée, Stéphane Guillon avait frappé fort en 2012. Dans son spectacle, l'humoriste commentait le 6 mai, jour des résulats du second tour, l’issue du scrutin sur la scène de l’Olympia en attendant 20h pour afficher haut et clair le verdict des urnes. Un quinquennat plus tard et alors que la culture est l'une des grandes oubliées de l’élection, beaucoup de ses camarades de one-man-show lui emboîtent le pas et font de la campagne leur miel. Rebondissements, bons mots et punchlines font la joie quotidienne des humoristes dans les médias mais ils sont désormais légion à choisir de se produire sur les planches juste avant les deux tours. Certains squatteront même la scène les 23 avril et 7 mai, quitte à commenter les résultats en live.

Au Trianon. Guillon ne lâche d’ailleurs pas la rampe. Récidiviste dans l'exercice, il sera cette fois sur les planches du Trianon le 7 mai pour commenter à nouveau les résultats au sein de son spectacle Certifié conforme. L’humoriste a même prévu de plonger la salle dans le noir et d’affréter trois "bus Macron" pour partir vers l’aéroport le plus proche au cas où Marine Le Pen serait élue présidente de la République.

Au Bataclan. Et décidément dans le camp des humoristes, la présidente du Front national récolte visiblement tous les suffrages… contre elle. Yassine Belattar affiche la couleur sur le document de présentation de son spectacle Ingérable. Rebaptisé pour la date du 4 mai Ingérable, dernière avant Marine, l’humoriste prévient : "Je vous donne donc rendez-vous le 4 mai au Bataclan, trois jours avant l'élection de Marine et donc quatre jours avant mon départ pour le Maroc." Si Yassine Belattar n'a pas choisi ses dates par hasard, il n'a pas non plus négligé ses lieux de représentation. Il a ainsi opté pour une tournée dans les villes FN, mais aussi pour des sites marqués par le terrorisme : Molenbeek en Belgique et surtout le Bataclan, sa façon à lui de replacer l’humour au premier rang et de laisser le tragique au passé.

Des spectacles 100% présidentielle. Certains, au-delà de la contestation par l'humour, font de la présidentielle l’essence même de leur show, avec des spectacles créés spécialement pour l'occasion. C’est notamment le cas de Marc Jolivet qui s’associe à l’éditorialiste Christophe Barbier dans Nous présidents. Un spectacle qu’ils jouent du 20 au 22 avril et du 4 au 6 mai, salle Gaveau à Paris pour tenter d’expliquer "tout ce qu’il faut savoir avant d’aller voter". Dans son one-man-show, le jeune humoriste Haroun se met dans la peau d’un électeur. Au Funambule, c’est Frédérick Sigrist qui officie dans Manuel de survie dans l’isoloir et tente de répondre à une question clé : "La démocratie, à partir de quand ça a merdé ?" L'humour permet-il de rire d'une situation qui pourrait faire pleurer ? Coluche avait tranché. En 1981, le clown pas si clownesque avait franchi une ligne rouge et troqué les affiches de spectacle... pour celles de la campagne.

Et ça fonctionne ?

Si le spectacle de Stéphane Guillon l'après-midi du second tour (le 7 mai) affiche complet sur les sites partenaires, il est possible de dégoter quelques places pour les autres jours de représentation. Les divers spectacles peuvent encore également être réservés sur les sites d'achat en ligne.