Pierre Arditi : "La campagne présidentielle est floue, marécageuse"

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Invité sur Europe 1 pour les 20 ans de C'est arrivé cette semaine, l'acteur déplore le fait que la société du spectacle se soit peu à peu immiscé dans le monde politique.

INTERVIEW

Au théâtre de l'Atelier, Pierre Arditi est à l'affiche du Cas Sneijder, une pièce adaptée du roman de Jean-Paul Dubois. Le comédien joue un homme rescapé d'un accident d’ascenseur mais dont la fille n'a pas survécu. L'acteur était l'invité des 20 ans de l'émission C'est arrivé cette semaine pour parler évidemment de culture, mais aussi politique.

"Les larmes de Pierre Arditi, tout le monde s'en fout". Dans la pièce, Paul Sneijder n'a de cesse d'essayer de comprendre pourquoi cet accident a eu lieu, pensant qu'il comprendra alors pourquoi sa fille est morte. "Il se rendra compte que cette question n'est pas la bonne et la perte de sa fille lui fait toucher du doigt ce qu'il est et qu'il ne regardait pas." Interné parce qu'on finit par le prendre pour un fou, "il peut enfin fabriquer un monde qui sera le sien et dans lequel il retrouve la seule chose qui compte pour lui, c'est-à-dire sa fille", commente Pierre Arditi.

Pour interpréter ce rôle au bord de la folie sans y tomber, pour incarner cette obsession, "il faut aller chercher ce qui déchire l'âme, ajoute l'acteur. Tout le problème est de ne pas tomber dans le psychodrame. C'est ce qui différencie un acteur de quelqu'un qui simplement se ferait souffrir et ferait sortir des larmes qui sont les siennes. Les larmes de Pierre Arditi, tout le monde s'en fout et on a bien raison de s'en foutre."

"Une lutte des ego démesurés". En regardant vingt ans en arrière, l'acteur déplore que le spectacle ait "envahi une série de choses dans lesquelles il n'a pas lieu d'être". La politique est son premier exemple. "En 20 ans, tout s'est beaucoup dégradé". Ceux qui font le moins de spectacle "sont plutôt les acteurs", juge-t-il. La campagne présidentielle est certes "à rebondissements mais surtout floue, trouble, marécageuse. On attend vainement ce que tout ce petit monde a à proposer à la société à laquelle ils appartiennent. Nous sommes plus dans une lutte des egos démesurés que dans des propositions importantes pour les gens qui attendent de moins mal vivre."