Phoenix : "Tout le monde en a marre des Américains, y compris les Américains eux-mêmes"

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Ils connaissent le succès aux États-Unis mais les Frenchies ont opté pour le contre-pied. Leur nouvel album est bien moins américain qu'italien. "Ti amo" s'annonce comme la bande-son estivale, en mode dolce vita décalée.

INTERVIEW

Après un silence de trois ans électrisé par un changement de photo de profil Twitter annonciateur, le nouvel album des Phoenix, Ti amo - le sixième - est sorti vendredi. Toujours dans leur veine rock électro et un brin pop émergée en 2000, les quatre Versaillais ont cette fois choisi la sauce italienne, avec une pochette au cœur rouge au menu pour offrir la bande-son de l'été. Un fait exprès pour faire front à la morosité ambiante ? Pas tout à fait, selon les garçons qui étaient les invités du Europe 1 Music Club.

Musique joyeuse "par contraste". Toute cette douceur et cet amour, bref la dolce vita, ça n’était pas réfléchi, assurent-ils. "Il n'y avait pas un grand programme pour sauver l'Humanité. On s'est quand même rendu compte qu'il y avait un petit rapport avec l'ambiance générale et que par contraste, notre cerveau reptilien avait créé cette musique joyeuse." L'album se veut romantique et solaire pour les bords de piscine, mais aussi brut...pour la scène. "On aime bien les différentes couches de lecture ou d'audition plutôt, de la musique", disent-ils, ravis de se voir gratifier d'un petit côté sauvage.

"On offre un vent frais". Quand on plonge dans les titres des chansons, l'Italie déborde avec un petit côté kitsch : Fior di latte, Tuttifrutti, Via Veneto... Sur les dix chansons de l'album, toutes n'ont pas un nom transalpin, mais Phoenix qui connaît le succès aux États-Unis n'a pas fait semblant : les paroles sont aussi parfois dans la langue de Dante. "Tout le monde en a marre des Américains, y compris les Américains eux-mêmes. Ils ne se supportent plus. Ils sont contents de sentir un vent frais qui vient un peu du large. C'est ça qu'on leur offre nous les petits Européens."

S'ils traversent "pas mal" la frontière physiquement parlant, l'album a été conçu et façonné dans l'Hexagone. "Ce disque, il fallait qu'on le fasse en France parce que c'est l'idée du rêve. Si on l'avait fait là-bas, ça aurait été un échec." Et voilà le groupe qui évoque le clip de Weekend à Rome de Daho tourné station de métro Rome... à Paris. "Le truc un peu à côté de la plaque, c'est ça qui est beau."