"Our body" à Paris, c'est fini

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"Our body" à Paris, c'est fini
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La cour d'appel de Paris a confirmé jeudi l'interdiction de l'exposition anatomique "Our Body, à corps ouvert", qui présente à Paris des cadavres humains. Mais cette fois, ce n'est pas la décence du sujet qui est remise en cause mais bien l'origine des corps exposés.

L'exposition anatomique "Our Body, à corps ouvert" ne rouvrira pas ses portes à l'Espace 12 Madeleine. La cour d'appel de Paris a confirmé jeudi son interdiction prononcée en première instance par le juge des référés du TGI de Paris le 21 avril dernier qui la jugeait "contraire à la décence". Déjà présentée à l'étranger, ainsi qu'à Lyon et à Marseille, la manifestation avait donc dû fermer ses portes au soir du 22 avril.

Ce n'est pas la question de décence qui a été retenue cette fois mais bien l'origine douteuse des cadavres exposés. "La société Encore Events ne rapporte pas la preuve, qui lui incombe, de l'origine licite et non frauduleuse des corps litigieux et de l'existence de consentements autorisés", est-il indiqué dans la décision de la cour d'appel. Deux associations sont à l'origine de la demande d'interdiction. Elles affirment que les cadavres sont ceux de condamnés à mort chinois.

La décision d'interdire une exposition est inédite en France. Et autre fait rarissime, le ministère public avait implicitement demandé la confirmation de l'interdiction. Les avocats d'Encore Events, Mes Hervé Témime et Jean-Marie Tomasi, s'en sont d'autant plus étonnés que 30 millions de personnes ont visité des expositions anatomiques en Occident "sans qu'à aucun moment, aucune justice du monde n'ait songé à en interdire l'accès".