Muriel Robin : "Je ne voulais pas faire du one-man-show mais du cinéma"

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Le rire est son arme. Elle l'utilise sur scène tout le temps mais n'est pas joyeuse pour autant. Muriel Robin s'est confiée dans Il n'y a pas qu'une vie dans le vie.

Derrière son énergie et sa capacité à faire rire un public affleure la sensibilité. Cet aspect de la personnalité de Muriel Robin est mis en valeur dans la pièce Momo au théâtre de Paris dans laquelle elle partage l'affiche avec François Berléand. Pour l'occasion, l'humoriste était l'invitée d'Isabelle Morizet dans Il n'y a pas qu'une vie dans la vie, dimanche.*

L'humour quand c'est "trop difficile". A 5 ans, Muriel Robin se revoit, la tête tournée vers ses parents, essayant de les faire rire. Déjà, l'intuition est là : "le rire est une arme..." de séduction, de paix. Une arme qui ne l'a pas quittée. "Je décale pour que ce soit drôle quand c'est trop difficile". L'humour a toujours été son naturel, même dans les moments où elle était déprimée. Elle faisait rire même quand elle ne riait pas.

Cicatrices d'enfance. Un décalage qui prend certainement racine dès son enfance à Saint-Etienne, qui n'est pas des plus heureuses. Ses parents passent à côté de ses prédispositions en danse et en musique sans les voir. "Dommage pour eux", dit-elle mais "il a fallu que je leur pardonne ça". Ses deux grandes sœurs sont aspirées dans le tourbillon du magasin de chaussures familial. Muriel Robin aussi quand elle peut travailler. Elle tient un an puis s'en échappe. "Je serais allée n'importe où". Ce n'importe où sera Paris, où elle triomphe. Des années plus tard, sa mère, présente avant un spectacle, lui dit cette phrase marquante : "Va faire ton intéressante." Une cicatrice que l'on sent mal refermée. "C'est très important la parole de la mère, la personne que vous aimez le plus au monde. Cela a cisaillé définitivement un truc. On vit avec."

L'électrochoc Palmade. Du côté professionnel, les propositions ne sont pas légions à la sortie du conservatoire d'art dramatique, elle hésite même à partir à l'étranger. Mais un soir, dans un café-théâtre, un jeune de 19 ans provoque un électrochoc. C'est Pierre Palmade qui est sur scène et lui dit à la sortie que c'est une de ses comédiennes préférées. Ils dînent ensemble. Dans un temps record, ils écrivent et elle est propulsée sur scène, entre autres avec le sketch de L'addition. Triomphe. Pourtant, le spleen plane. Une nouvelle fois, si elle réjouit le public, elle n'est pas comblée. "Je ne voulais pas faire du one-man-show mais du cinéma". Du cinéma où elle aurait envie d'être reconnue, à l'inverse de ses parents. "C'est enfantin, mais ça marche comme ça. Cela fait trente ans que je ne compte que sur moi." Elle ne se dit pas heureuse, "ça ne sera pas mon truc" mais depuis une dizaine d'années et à 60 ans, elle est "plus tranquille avec la vie."