Mort de la grande danseuse étoile Yvette Chauviré

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Mort de la grande danseuse étoile Yvette Chauviré
Yvette Chauviré était l'une des plus grandes danseuses de l'histoire de l'Opéra de Paris.@ AFP
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La danseuse s'est éteinte à l'âge de 99 ans. Elle était restée 40 ans au sein de la troupe de l'Opéra de Paris.

La grande danseuse étoile Yvette Chauviré est morte dans la nuit de mardi à mercredi à Paris, à l'âge de 99 ans, a annoncé l'Opéra de Paris. Le directeur de l'Opéra de Paris Stéphane Lissner, la directrice de la danse Aurélie Dupont et l"'ensemble du personnel de l'Opéra national de Paris ont la tristesse d'apprendre ce jour la disparition d'Yvette Chauviré, danseuse étoile", indique l'institution dans un communiqué.

40 ans à l'Opéra de Paris. Finesse, élégance, vivacité, immatérialité : l'étoile Yvette Chauviré, décédée dans la nuit de mardi à mercredi à l'âge de 99 ans, a incarné la quintessence de la danse classique française au 20ème siècle. Elle avait fait ses adieux sur le plateau du Palais Garnier de ses débuts en 1972, avec "Giselle", un rôle fétiche auquel son nom reste associé. Née le 22 avril 1917, elle était entrée dix ans plus tard à l'Ecole de danse de l'Opéra et avait été engagée en 1932 dans son corps de ballet.

La muse de Serge Lifar. Yvette Chauviré restera avant tout, dans l'histoire du Ballet de l'Opéra de Paris, comme l'inspiratrice et l'interprète phare de Serge Lifar, qui a régné sur la vénérable compagnie pendant presque trois décennies, jusqu'à la fin des années 1950 et l'avait nommée étoile le 31 décembre 1941. C'est ce dernier qui lui a réglé la terrifiante variation de 20 minutes du ballet "Istar" sur la musique de Vincent d'Indy, pièce qui a valu à Yvette Chauviré son titre d'étoile. Lifar l'a associée comme interprète à nombre de ses nouveaux ballets, de "David triomphant" en 1937 à "La Péri" en 1955, en passant par "Le Chevalier et la Damoiselle" ou "Les animaux modèles".

Dans une de ces pièces, "Les Mirages" (1944), Yvette Chauviré dansait le personnage de l'Ombre, un des grands rôles du répertoire du 20ème siècle, auquel elle a initié nombre de jeunes ou aspirantes étoiles. Sa danse à la fois ample et lumineuse convenait aux mondes symboliques dans lesquels évoluent la wili insaisissable de "Giselle", la mystérieuse déesse babylonienne d'"Istar" et l'Ombre des "Mirages", en contraste avec la réalité quotidienne.

Des professeurs russes. L'intelligence stylistique, la pureté de la technique, Yvette Chauviré les avait acquises auprès de Carlotta Zambelli, son professeur à l'Ecole de danse de l'Opéra, puis avec deux pédagogues russes blancs, Boris Kniasef et Victor Gsovski. Ce dernier lui a réglé en 1949 un morceau de bravoure, le "Grand pas classique" sur la musique d'Auber.

Star de la danse mondiale. Engagée précocement dans le corps de ballet de l'Opéra, elle l'a quitté en 1946 dans le sillage de Lifar - parti à Monte-Carlo -, puis réintégré de 1947 à 1949, avant d'en repartir pour des tournées dans le monde. Dans les années 1960, toujours "étoile invitée" à l'Opéra de Paris, elle s'est produite avec les plus fameuses compagnies du monde, de Russie aux Etats-Unis en passant par Londres, Milan, Copenhague, avec des partenaires aussi brillants que Maris Liepa, Erik Bruhn et Rudolf Noureev.

Un héritage. Jusqu'à un âge avancé, à l'Opéra et partout où l'on veut retrouver la vérité de la danse française, Yvette Chauviré a transmis son savoir aux danseurs, comme Sylvie Guillem et Marie-Claude Pietragalla. Elle s'attachait à montrer les pas, sautant et tournant, toujours soucieuse d'aider au perfectionnement de la technique et d'apprendre à ses cadets les subtilités d'un rôle.