Messmer : "L’hypnose, ce n’est pas un pouvoir"

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Il a fait de l'hypnose un spectacle pour montrer que la technique marche. Celui qui a réussi à endormir 854 personnes en 4 minutes, a décrit les bases de son art sur Europe 1.

INTERVIEW

Messmer a remis d'emblée les pendules à l'heure. Non, l'hypnotiseur québécois ne peut pas, tel un sorcier, forcer quelqu'un à faire une action qu'il ne voudrait pas faire. Dans l'émission Il n'y a pas qu'une vie dans la vie, il a expliqué dimanche ce qu'était la nature de l'hypnose, qui n'a rien de commun avec un pacte avec le diable, ce dont on l'accuse encore parfois.

"Des techniques apprises et développées". "L’hypnose, ce n’est pas un pouvoir, ce sont des techniques que j’ai apprises. Et développées avec les années pour réussir à hypnotiser des masses. Tout le monde peut apprendre à hypnotiser, on peut tous chanter, mais est-ce qu’on chante tous bien ?" Le faire avec talent ne signifie pas qu'il n'y a pas de limite, alerte le professionnel. "Une personne sous hypnose a des barrières qu’on ne peut pas passer. Quelqu’un sous hypnose va pouvoir bloquer une suggestion et émerger, refuser si ça devient émotionnellement trop intense ou physiquement impossible à réaliser." C'est le même principe que de se réveiller en sursaut quand un cauchemar va trop loin.

Plus ou moins réceptifs. Messmer distingue l'hypnose qui peut aider en thérapie et l'hypnose qu'il pratique dans ses spectacles et qu'il appelle la fascination. "À chaque fois que nous rêvons, on rentre dans les ondes alpha de notre cerveau. L’hypnose, c’est ça, c’est réussir à stimuler les ondes alpha du cerveau pour que la personne ait cette distorsion entre le rêve et la réalité. Si nous sommes en mesure de rêver, nous sommes en mesure de vivre l’hypnose." Certains sont plus réceptifs que d’autres. Le test des doigts qui s’approchent et se collent est assez connu. Une fois les doigts soudés dans l’imaginaire, une personne réceptive n’est plus en mesure de les séparer. "Le subconscient a capté la suggestion. Quand ce premier test est un succès, j’invite les personnes de l’assistance à monter sur scène. Une fois sur scène, je fais un deuxième test pour aller chercher les gens qui vont entrer dans un état hypnotique. J’essaie de trouver des gens qui seront expressifs dans un état d’hypnose, qui vont avoir des émotions intenses : le rire, la colère, la peur, la tristesse", explique-t-il.

Une école de sophrologie bien-être. Celui que l'on prend parfois pour un magicien détient le record du monde d'hypnose. Dans un show devant 6.000 personnes, il a réussi a en hypnotiser 854 an moins de 4 minutes. "Le but premier du spectacle est de montrer que ça marche." Le spécialiste a aussi réussi à hypnotiser au téléphone ou par lettre ! "C'est de la suggestion verbale, tout dépend de comment est bâtie la phrase, indique-t-il, en comparant cette technique à celle qu'auraient des politiques, martelant les subconscients par des discours. Après un dernier et prochain spectacle, il confie un rêve : celui d'ouvrir une école de sophrologie et bien-être, qui serait cette fois plus proche de "l'hypnose thérapie" que de la fascination. La technique de l'hypnose est d'ailleurs de plus en plus utilisée lors d'opérations chirurgicales, mais aussi contre les addictions, pour améliorer le sommeil ou encore réduire le stress et avait déjà été utilisée par Freud en psychothérapie.


Tout a commencé par un grimoire et une discothèque...

  • Un grimoire. C'est le grand-père  de Messmer qui lui donne le virus de l'hypnose. Son aïeul en avait fait l'étude dans les années 1930 en se procurant un livre sur la force du subconscient et la force du magnétisme. "Mon grand-père à l’époque était jockey et il voulait à l’époque mieux contrôler son cheval. Quand j’étais petit, je voyais mon grand-père à la ferme qui hypnotisait les poulets. Ça me fascinait." Son grand-père lui donne le livre écrit à la fin des années 1800 lorsque Messmer a 7 ans. "À 9 ans, j’ai commencé à pratiquer avec mes amis de classe et j’ai eu mon premier succès. Il bloque alors son meilleur ami les bras en l’air sans pouvoir le délivrer. Lorsque son camarade se met à pleurer, Messmer comprend qu'il réussit vraiment à hypnotiser et finit par délivrer son ami en consultant le grimoire. Le livre lui avait d'ailleurs été confisqué par sa mère mais il s'était arrangé pour le retrouver et le consulter en cachette. Aujourd'hui, il le détiendrait toujours "dans un coffre, dit-il, et en a fait des copies pour ses enfants et petits-enfants.

  • Une discothèque. À 16 ans, Messmer souhaite faire une carrière de DJ. Il se rend donc dans une discothèque où officie un ami. Mais celui-ci le présente comme artiste invité hypnotiseur. "J’étais à l’époque très timide et j’avais de la difficulté à parler en public. Il m’a imposé cette soirée." L'hypnotiseur veut d'abord se sauver mais finit par faire face. "Je me suis aperçu qu’avec un micro dans les mains, le personnage de Messmer était arrivé. Je crois que nous avons un destin dans la vie, que nous sommes guidés, et mon chemin est arrivé là."