Mazarine Pingeot : "Tous les livres qu'on écrit parlent plus ou moins de soi"

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La fille de François Mitterrand publie "Théa". Son nouveau roman est une histoire d'amour qui traite aussi du secret, qu'il soit privé ou historique. Un thème récurrent pour l'écrivaine.

INTERVIEW

Théa est une étudiante en lettre de 22 ans, Parisienne, pleine d'idéaux de gauche. Au début des années 80, elle tombe amoureuse d'Antoine, un exilé argentin. Théa est aussi le titre du nouveau roman de Mazarine Pingeot, qui a pour toile de fond la dictature argentine et la guerre d'Algérie. L'ouvrage fait une large place au silence et aux secrets des personnages, et fait par la-même écho à la vie de son auteure.

"Assumer un héritage". "Le secret est une chose largement partagé, à l'intérieur d'une famille ou qu'il soit relatif à l'Histoire", commente la fille longtemps cachée de François Mitterrand. "Je pense que tous les livres qu'on écrit parlent plus ou moins de soi. Mais la question des origines est très transversale, elle appartient à tout le monde, argumente-telle. La question de ce livre est : c'est quoi venir de parents qu'on n'a pas choisis, d'une histoire qu'on n'a pas choisie, comment se reconnecter à notre naissance qu'on n'a pas choisie non plus ? On vient d'hune histoire et on doit assumer un héritage. Ce sont des questions qui me passionnent."

"Le secret n'est jamais très bon". L'écrivaine ne croit pas au fait de "dépasser" les secrets de famille mais plutôt à l’idée "de faire un pas de côté pour vivre avec. La publication chez Gallimard avant Noël des lettres que son père avait écrites à sa mère, Anne Pingeot, ne l'a pas troublée outre mesure : "Le secret n'est jamais très bon. Après la question est de publier ou pas", indique la romancière qui précise que sa mère s'est longuement interrogée à ce sujet. "C'est une décision plus de conservateur de musée que d'amoureuse."