Maxime Chattam : "J'étais un adolescent qui n'aimait pas trop les êtres humains"

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Tous les week-ends de l'été, Eva Roque vous conseille un livre. Aujourd'hui, place au dernier ouvrage de Maxime Chattam : "Que ta volonté soit faite".

INTERVIEW

L'auteur de best-sellers revient en librairies avec Que ta volonté soit faite, un roman noir. Le personnage principal porte déjà un prénom qui met dans l'ambiance : Rip. "Ce sont les initiales de 'repose en paix' en anglais (Rest in peace, ndlr.)", précise Maxime Chattam. Point de roman d'horreur ici mais plutôt un polar psychologique qui se déroule dans l'Amérique rurale des années 50. L'écrivain a présenté son livre au micro d'Europe 1.

Une scène d'entrée effroyable. Les premières pages mettent en scène un père, son fils et un chien dans une effroyable situation. "J'étais étonné de constater que les lecteurs n'étaient pas du tout effrayés par les scènes de crime parfois abominables. En revanche, je me suis rendu compte qu'en commençant un livre par une scène où vous mettiez à mort un animal, les gens ne parlaient que de ça. Ils étaient horrifiés." L'auteur a appliqué cette formule dans ce nouveau roman, où de manière plus large il dresse le portrait d'un "grand pervers" nommé John Peterson. "Pour moi, il est le croque-mitaine. C'est l'incarnation de ce qu'il y a de plus pervers chez l'homme. Et je dis bien chez l'homme : c'est un être humain. On va le suivre de sa naissance à sa mort et on va se rende compte que ce type abominable (...) a quand même des émotions. Il y a des moments où il est tendre, humain."

"L'homme, le prédateur le plus terrible". Maxime Chattam a beaucoup écrit sur le mal, au travers de ses personnages, comme une sorte d'exutoire. "J'ai toujours été un adolescent qui n'aimait pas trop les êtres humains. Je me disais quand même qu'on était une saloperie sur terre, le prédateur le plus terrible. Ecrire sur ce qu'il y a de pire chez l'homme m'a permis de mieux aimer le reste. Ça a été une forme de traitement personnel que je me suis appliqué." Aujourd'hui, "travailler sur la notion du Mal est devenu une sorte de défi intellectuel. Pour moi, un bon roman, c'est une bonne idée, une idée qui va illustrer quelque chose de l'humanité, un moment précis."