Mathilde Seigner : "Je suis beaucoup plus attirée par les rôles agricoles"

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Mathilde Seigner retrouve les planches dès le 15 septembre au Théâtre de Paris. Invitée au micro d'Europe 1, elle est revenue sur les moments forts de sa vie et de sa carrière.

INTERVIEW

Née dans une familles d'acteurs, Mathilde Seigner ne voulait pas emprunter la même voie. "Moi je ne voulais pas être actrice, je voulais faire l’Olympia, des imitations." C'est pourtant après 20 ans de carrière en tant que comédienne qu'elle se présentera dès le 15 septembre sur les planches du théâtre de Paris aux côtés de Richard Berry pour jouer La Nouvelle. Une pièce où son compagnon, vingt ans plus âgé qu'elle, la présente à ses deux grands fils. L'actrice était pour l'occasion l'invitée d'Isabelle Morizet dans Il n'y a pas qu'une vie dans la vie.

"Un peu comme Béatrice Dalle". Elle revient au théâtre. Mais si elle choisit les planches, c'est paradoxalement par "contrainte", avoue-t-elle. "Ça ne me plait pas, je me fais violence alors qu’au cinéma, c’est mon métier, je tourne comme je respire." Côté contraintes, l'actrice évoque le trac, ces dix secondes d'horreur avant le levé de rideau. A treize jours de la première représentation, elle ne se considère pas prête. "Il y a plein de choses que je n’ai pas trouvé. Moi, je suis intuitive (...) Je joue la situation. Au théâtre, la situation est répétée, donc elle m’échappe. Je ne sais pas si je suis une très bonne actrice, quelqu’un qui construit, quelqu’un de technique. Je pense être une nature particulière un peu comme Béatrice Dalle. Je ne me considère pas comme une actrice."

Pourtant, elle reconnaît les bienfaits de cette profession : "Je joue pour être plein de femmes à la fois. J’aurais aimé être un commissaire, je l’ai joué à la télé. J’aurais adoré être un médecin, je l’ai fait aussi. Ça raccroche à la vie ce métier. Tant qu’on joue, on est vivant." 

"Les films parisiens, c'est moins mon truc". Elle cite deux grandes émotions de son parcours cinématographique. Il y a eu Une hirondelle a fait le printemps. "J’ai eu l’impression de le vivre, je n’avais plus l’impression de jouer la comédie mais d’être une jeune agricultrice, l'impression que ce n’était pas un tournage." Elle cite aussi Danse avec lui où elle interprétait une cavalière de haut niveau et avait encore le sentiment que cinéma et réalité se confondaient. Elle avait d'ailleurs acheté le cheval avec lequel elle s'était entraînée.

"Je n’aime pas le faux. Quand le cinéma devient réalité et que j’achète le cheval de mon entrainement et que tout ça est mélangé, je trouve ça assez beau." Force est de constater que ces deux films se rapprochent, par la nature. "Je suis beaucoup plus attirée - et je n’en ai pas assez, je lance un appel – par les rôles agricoles. J’ai dit chez Michel Drucker que j’étais une actrice agricole, mais c’est vraiment vrai. J’aime être à la campagne, dans les fermes. On ne fait plus beaucoup de films là-dessus. Les films parisiens, c’est moins mon truc", tranche-t-elle, brute, nature encore, avec ce franc-parler qui la caractérise.

"Tu payes à un moment donné ce que tu dis". Un verbe haut qui lui a aussi joué des tours, comme aux César où elle avait donné son avis au moment où elle remettait le prix du meilleur second rôle masculin en 2012. Une sortie qui lui avait valu ensuite un "petit passage à vide", avoue-t-elle. "Je n’ai pas eu peur, mais je me suis dit 'ça je vais le payer cher, ça va me faire du tort, plus que je ne le pensais'. J’avais des fidèles metteurs en scène", explique-t-elle citant Christian Carillon avant de poursuivre : "J’ai eu du travail, je n’ai pas eu une traversée du désert mais j’ai senti un... Je me suis dit 'tu payes à un moment donné ce que tu dis, fais, tes comportements'. Après, il y a des actrices qui n’ont rien dit et qu’on ne voit plus. J’ai une chance quand même, sans prétention, c’est que le public m’aime globalement bien. Je fais partie des meubles. On n’est pas très nombreuses à 50 ans", souligne-t-elle.

Elle en a 49 et demi et encore quelques défis à réaliser, comme celui de son enfance, celui d'avoir le courage de se lancer dans un seule en scène.